Agnès Love coach

Vous le savez. Vous le voyez. Vous le ressentez depuis longtemps peut-être : Il.elle ne vous aime pas autant que vous l’aimez. Pas vraiment. En tous cas, pas comme vous en avez besoin. Et pourtant vous restez. Vous trouvez des explications, vous attendez, vous espérez. Vous vous dites que ça va changer, qu’il va comprendre, qu’un jour il sera là comme vous l’êtes pour lui. Et en même temps, une petite voix vous dit que non….

© Alexander Pushkin’s

Je ne peux pas partir ! Je l’aime !

Quand une cliente me dit “Je ne peux pas partir Agnès, je l’aime”, je l’entends vraiment. Cet amour est réel. Cette douleur est réelle. Mais ce qu’elle appelle amour contient souvent autre chose : une dépendance affective qui n’a pas grand chose à voir avec cet homme en particulier. « Ce n’est pas de la bêtise. C’est de la dépendance affective » Agnès psychanalyste et love coach

La première chose que je veux vous dire — et je vous le dis après des années à accompagner des personnes dans cette situation exacte — c’est que rester n’est pas une preuve de faiblesse ou de manque d’intelligence. C’est une logique. Une logique intérieure très ancienne, très cohérente, construite bien avant cette relation.

D’où vient cette dépendance ?

Elle vient de loin. Toujours. D’un manque ancien — d’un parent peu disponible émotionnellement, d’une enfance où l’amour était conditionnel, inconstant, insuffisant, inexistant ou maltraitant. On nous a appris très tôt que l’amour se mérite, qu’il faut se battre pour l’obtenir, qu’on n’en est pas tout à fait digne sans effort.

Et alors, inconsciemment, on choisit des partenaires qui reproduisent exactement cette dynamique. Pas par masochisme. Par familiarité. Parce que quelque chose en nous reconnaît ce terrain-là. Parce qu’on espère cette fois-ci gagner ce qu’on n’a jamais vraiment reçu.
C’est le cœur — l’enfant en nous — qui choisit. Et l’enfant, lui, ne raisonne pas. Il ressent, il s’accroche, il attend.

« Lacan disait que “l’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas.” Cette formule dérange. Elle est pourtant d’une précision chirurgicale pour décrire ce que vivent les personnes dépendantes affectivement. On donne ce qu’on n’a pas — c’est-à-dire qu’on offre à l’autre ce dont on manque soi-même : de la sécurité, de la constance, de l’amour inconditionnel. Et on le donne à quelqu’un qui, précisément, ne peut pas le recevoir. Ou ne le veut pas. »

Agnès

 » Pourquoi choisit-on toujours cette personne-là ? Parce que l’inconscient ne cherche pas le bonheur. Il cherche la répétition. Il cherche à rejouer une scène ancienne — pour cette fois-ci en changer le dénouement. Sauf que le dénouement ne change pas. Parce que ce n’est pas le bon théâtre. »

Agnès

L’attachement confondu avec l’amour : le malentendu le plus douloureux

C’est peut-être la confusion la plus répandue, et la plus coûteuse en matière de souffrances.

On croit aimer vraiment. On souffre tellement qu’on se dit que ce ne peut être que de l’amour — parce que ça fait si mal, parce qu’on ne pense qu’à lui, parce que l’idée de le perdre est insupportable. Mais cette intensité-là, cette douleur-là, ce n’est pas toujours de l’amour. C’est souvent de l’attachement anxieux.

John Bowlby, le père de la théorie de l’attachement, a montré que nos premières relations — avec nos parents, nos figures de soin — programment littéralement notre façon d’aimer à l’âge adulte. Un enfant qui a grandi avec un parent imprévisible, parfois présent et chaleureux, parfois distant ou absent, développe un attachement anxieux. Il apprend que l’amour est incertain, qu’il peut disparaître, qu’il faut le surveiller, le retenir, se battre pour le garder.

Adulte, cet enfant-là va confondre l’anxiété avec la passion. Il va interpréter le manque comme de l’amour profond. Il va trouver les relations stables et sécurisantes… ennuyeuses. Et les relations douloureuses et incertaines… intenses, vivantes, irrésistibles.
Mais ce n’est pas de l’amour qu’il ressent. C’est simplement son système d’attachement qui s’est activé. C’est l’enfant en lui qui a reconnu un terrain familier — et qui s’y est accroché de toutes ses forces.

La vraie question n’est donc pas “Est-ce que je l’aime ?” mais “Est-ce que j’aime cette personne, ou est-ce que je suis attaché.e à ce qu’elle représente — et à l’espoir qu’elle finisse par me donner ce que je n’ai jamais vraiment reçu ?” Cette question-là, posée honnêtement, change tout. »

Agnès psychanalyste et coach


Un exemple très concret :

Un homme que j’ai accompagné (appelons-le Marc) avait tout compris intellectuellement. Il savait que son ex-femme ne l’aimait plus. Elle le lui avait dit clairement, ses actes le montraient chaque jour. Elle avait refait sa vie.

Marc, lui, épiait ses réseaux sociaux. Il passait en voiture devant chez elle. Il analysait chaque like, chaque story, cherchant un signe — une preuve qu’elle pensait encore à lui, qu’il comptait encore.

Quand je lui ai demandé ce qu’il cherchait vraiment dans tout ça, il a répondu après un long silence : “Je veux qu’elle réalise ce qu’elle perd.” Ce n’était plus de l’amour. C’était une blessure d’enfance qui parlait — un petit garçon qui avait besoin qu’on lui dise enfin “tu as de la valeur, tu comptes, tu es suffisant.” Et qui cherchait cette validation dans les yeux d’une femme qui était déjà partie.

L’objet de sa dépendance n’était pas elle. C’était ce qu’elle représentait. Ce qu’il n’avait jamais reçu.

Comment reconnaître la dépendance affective ? Les signes qui ne trompent pas :

1. Vous rationalisez l’inexcusable

– Il (ou elle) annule au dernier moment, il disparaît plusieurs jours, il souffle le chaud et le froid — et vous trouvez des explications : Il est stressé. Il a peur de l’amour. Il ne sait pas encore ce qu’il veut. Peut-être que c’est vous qui en demandez trop. Cette gymnastique mentale permanente est épuisante. Et elle dit quelque chose d’important : vous travaillez pour deux dans cette relation.

Votre humeur dépend entièrement de lui. Il répond vite — vous êtes soulagée, presque euphorique. Il tarde — l’anxiété monte, vous relisez vos messages en cherchant ce que vous avez dit de travers. Cette oscillation permanente entre soulagement et angoisse, c’est précisément le circuit neurologique de la dépendance. Pas de l’amour. De la dépendance.

Vous avez réduit votre vie pour préserver la relation. Vous voyez moins vos amis. Vous avez mis de côté des projets. Vous vous censurez, vous vous adaptez, vous vous rétrécissez. Et vous appelez ça de l’amour. C’est en réalité de la peur — peur que si vous prenez trop de place, il parte.


2. Vous « savez » mais vous restez quand même

– C’est le signe le plus révélateur de tous. Pas le manque de lucidité — vous voyez très bien. Mais la lucidité seule ne suffit pas à bouger quand c’est l’inconscient qui tient le volant.

Vous imaginez sa souffrance à lui si vous partezjamais la vôtre si vous restez. Cette inversion est caractéristique. On s’oublie complètement. On se préoccupe de ne pas lui faire de mal, de ne pas le blesser, de ne pas le décevoir. Pendant ce temps, personne ne se préoccupe de vous. Pas même vous.

Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces signes ? Peut-être dans plusieurs ? Ne vous jugez pas, c’est une carte. Et une carte, ça sert à savoir où on est pour choisir où on va.

« On ne se débarrasse pas de sa dépendance affective. On l’apprivoise. C’est le point le plus important, et celui que personne ne vous dira dans un article de conseils ordinaires.

Il n’y a pas de méthode miracle pour arrêter d’aimer quelqu’un qui ne vous aime pas assez. La dépendance affective ne se guérit pas comme une mauvaise habitude qu’on décide d’arrêter un lundi matin. Ce qu’on peut faire — ce qui marche vraiment — c’est apprendre à la reconnaître quand elle parle. À l’entendre sans lui obéir automatiquement. À comprendre ce qu’elle cherche, ce vieux besoin non comblé qu’elle tente désespérément de satisfaire dans cette relation. Parce qu’une fois qu’on comprend ça, on cesse de tendre le bâton pour se faire taper dessus. »

Agnès, psychanalyste et coach en amour

Différenciez le cœur (votre part d’enfant) de la raison (votre part adulte qui lit ce texte)
Explications

Freud parlait du principe de plaisir contre le principe de réalité :

L’enfant en nous fonctionne au principe de plaisir — il veut, il ressent, il exige la satisfaction immédiate de son manque. La réalité, elle, ne l’intéresse pas.

L’adulte, lui, a intégré le principe de réalité. Il voit ce qui est — pas ce qu’il espère, pas ce qu’il fantasme. Ce qui est.

Quand Marc épiait son ex-femme, c’était l’enfant aux commandes. L’adulte en lui savait. Mais l’enfant criait plus fort.

Le travail thérapeutique (long et exigeant), n’est pas une série de conseils à suivre — Il consiste précisément à redonner la parole à l’adulte. Non pas pour étouffer l’enfant, le nier, le faire taire. Mais pour qu’il ne soit plus seul à décider.

Apprendre à se tenir debout sans que l’autre soit le mur contre lequel on s’appuie. Et il n’y a pas de raccourci. Mais il y a un chemin. C’est là que je veux être honnête avec vous — vraiment honnête :

« Vous pouvez lire des dizaines d’articles, regarder des vidéos, vous promettre que cette fois c’est différent. Vous pouvez même comprendre intellectuellement tout ce que je viens d’écrire. Comprendre ne suffit pas ! Marc comprenait ! Il continuait quand même à passer devant chez elle. Parce que la dépendance affective ne loge pas dans la tête. Elle loge beaucoup plus bas — dans le corps, dans les émotions, dans des couches de l’histoire personnelle que la volonté seule n’atteint pas. »

Agnès, psychanalyste et coach en amour

Comment s’en sortir ?

Se sortir de la dépendance affective demande un accompagnement. Un vrai. Quelqu’un qui ne vous donne pas des outils mais qui vous aide à comprendre pourquoi vous en êtes arrivée là. Qui remonte avec vous jusqu’à la source. Qui reste là pendant que vous traversez ce que vous avez toujours évité de traverser. Ce n’est pas confortable. Ce n’est pas rapide. Mais c’est le seul chemin qui mène à quelque chose de durable — pas juste quitter cette relation, mais ne plus jamais recréer la même avec un ou une autre.

Ce que je fais avec mes clients

Depuis de nombreuses années, j’accompagne des femmes et des hommes qui tournent en rond dans leurs relations amoureuses. Pas pour leur donner les conseils miraculeux mais des pistes. Pas pour leur dire quoi faire et encore moins les juger. Mais pour les aider à comprendre LEUR histoire — celle qu’ils portent depuis l’enfance et qu’ils rejouent sans le savoir dans chaque relation. C’est un travail de fond. Psychanalytique dans son approche. Ancré dans le réel et le vécu de chaque personne. Parce que vous n’êtes pas un cas. Vous êtes une histoire. Et cette histoire, elle mérite d’être entendue, déposée, et enfin comprise.

Vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire ? Contactez-moi pour un premier échange.
Pas pour tout résoudre d’un coup — mais pour commencer à voir autrement et à vous sentir de mieux en mieux. C’est souvent là que tout change vraiment durablement.

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