Agnès Love coach

Il est insupportable de se croire trompé, remplacé, oublié, renié ! Et la jalousie est très difficile à avouer … Car, justement, elle cache le plus souvent des frustrations inavouées. D’où vient la jalousie ? Comment la gérer, ne plus en souffrir ? Je vous dis tout.

JALOUSIE COUPLE

Oui, la jalousie fait beaucoup souffrir !

La jalousie est une émotion négative créant une profonde souffrance. A son comble, elle peut nous donner jusqu’à l’envie de tuer ou même de mourir. Après la crise, on se demande d’ailleurs : « mais qu’est-ce qui m’a pris ? »

Selon les situations, la réponse sera différente pour chacun. Car la jalousie est un sentiment aussi répandu que complexe et trompeur : elle cache le plus souvent des frustrations, des désirs inavoués. Pas besoin d’être Love coach (ou psy) pour le savoir : elle nous vient de loin, du passé, du fond de notre enfance.

Parfois, la jalousie est sournoise : elle se cache elle-même : Car de tous les sentiments humains, c’est la jalousie qu’on (se) dissimule le plus. Parce qu’on en a honte alors on fait tout pour éviter de nous questionner sur son fonctionnement ! Pourtant, elle dit beaucoup de choses de nous…

D’où vient notre jalousie ?

Tous les psychanalystes disent qu’on a été jaloux qu’une seule fois, dans sa toute petite enfance : Une jalousie si terrible qu’elle nous a marqués à vie. Lorsqu’on est jaloux, on ne ferait jamais que revivre cette douleur-là : celle du tout petit enfant qui ne supporte pas de voir sa mère se détourner de lui. Car tout à coup, son monde s’écroule ! Il se sent abandonné, trahi.

Pour le psy bien connu Lacan, cette souffrance est nécessaire indispensable car elle permet de sortir de la fusion avec notre mère. Cette souffrance intervient à la fin de la période du sevrage (déjà difficile pour le tout petit), et également au moment où l’enfant s’apprête à vivre un traumatisme important : celui où il réalise qu’il n’est plus tout seul, qu’il existe un autre (un nouvel enfant dans la famille par exemple). Tout dépend ensuite de la manière dont cette 1ère blessure aura été vécue.

« Ceux qui avalent les couleuvres plus difficilement que les autres seront marqués au fer rouge du manque : Aucun amour ne sera jamais assez grand, aucun être ne sera jamais assez fiable. »

Agnès Love Coach

On est souvent jaloux parce qu’on se sent soi-même infidèle

C’est très courant. Avant son mariage, Jérôme, grand séducteur, faisait son jeu de charmeur à tout va et accumulait les conquêtes. Depuis, il s’est « rangé ». Son épouse Elise lui est fidèle, elle s’habille sobrement, se comporte sans provocation. Pourtant… Jérôme, terriblement jaloux, blêmit dès qu’elle converse avec un autre homme. « Ce que Jérôme projette sur son épouse, ce sont ses propres désirs, commente Mr Winter, psychanalyste. Pour lui, le désir équivaut au passage à l’acte. Donc il se sent coupable, refoule son envie de la tromper et la lui attribue. »
Cette jalousie porte un nom : il s’agit de la « jalousie de projection » dont Freud parle dans son livre Névrose, psychose et perversion.

Les femmes sont-elles plus jalouses que les hommes ?

Non ! Simplement, elles le montrent davantage. A la différence des hommes, les femmes veulent tout savoir de leur rivale : couleur de ses cheveux, taille, ses goûts, son job… Les hommes sont davantage dans le déni : « Mon compagnon prétendait ne pas être jaloux, raconte Isabelle, et il était hyper sincère.

Mais le soir où je lui ai avoué une aventure insignifiante, qui datait du moment de notre rencontre, il a vomi toute la nuit. Soi-disant une crise de foie ! » C’est typiquement masculin : les hommes restent longtemps indifférents puis, face à la réalité d’une tromperie, ils s’écroulent. Alors qu’une femme est jalouse même s’il ne se passe rien.

Est-ce vrai que certains ne sont pas jaloux ?

« La jalousie est, comme le deuil, un affect normal. Si elle fait défaut, c’est qu’elle a été l’objet d’un puissant refoulement. Elle joue alors dans l’inconscient un rôle d’autant plus grand. »

Sigmund Freud

Cedric, 33 ans, prétend ne plus être jaloux parce qu’il l’aurait été « une bonne fois pour toutes dans son enfance » : aîné d’une famille de 5 frères, il s’est senti délaissé dès la naissance du second.« La jalousie ? Je sais aujourd’hui la repérer et j’ai une technique contre-offensive imparable : l’indifférence. Dès qu’une femme à laquelle je tiens essaie de provoquer en moi ce sentiment, je me sens anesthésié et glacé. Elle ne m’intéresse plus. Je cesse aussitôt de l’aimer : je la méprise. »

Quand la jalousie devient-elle pathologique ?

« Autant il est « normal », dans sa vie, de traverser un ou plusieurs conflits engendrés par la jalousie, annonce C. Anthony, psychosociologue et auteure de L’amour aujourd’hui, Le Cherche Midi, il faut s’inquiéter sérieusement de ne pas parvenir à quitter cet état de jalousie. Par exemple : ne pas réussir à se dégager d’un partenaire ostensiblement infidèle, ou bien s’imaginer (à tort) et de façon obsédante, être trompé par son partenaire au point de ne plus penser qu’à cela, d’en perdre son boulot, ses amis…

Dans les cas extrêmes, on appelle cette sorte de jalousie : La psychose hystérique ou paranoïaque. Cette dernière menace l’intégrité psychique de la personne et peut même la conduire au meurtre ou au suicide.

Est-ce vrai que la jalousie peut cacher un désir homosexuel ?

OUI. C’est une autre forme de jalousie, proche de la paranoïa, (que Freud a qualifié de « jalousie délirante »). Dans ce cas, celui que l’on désire, ce n’est pas le partenaire, c’est le (ou la) rival(e). Si je suis une femme, par exemple, j’éprouve une attirance inconsciente pour la maîtresse de mon mari. Et ce qui me chagrine, c’est que celle-ci aime mon mari plutôt que moi. En un mot, la jalousie délirante est l’expression d’un désir homosexuel refoulé.

L’expérience d’Odile nous en donne une illustration parfaite : « J’ai vécu trois ans avec Eric, que j’ai quitté à cause de son métier : il était gynécologue. Je ne pouvais plus supporter qu’il voie des sexes de femmes toute la journée. Au début, j’avais du mal à croire qu’il restait aussi imperturbable qu’il le prétendait mais je parvenais à me « contrôler. »

Puis un jour, j’ai remplacé cinq jours sa secrétaire. Pour la première fois, j’ai vu la salle d’attente. “Pas mal cette grande blonde !” “Plutôt jolie, la rousse !” Le soir, je bombardais Bernard de questions. A partir de ce moment, quand on faisait l’amour, j’étais obsédée par l’idée que son désir ne s’adressait pas à moi mais à elles. J’imaginais leurs seins, leurs fesses… C’était atroce ! »

De quel genre de « rival » a-t-on peur ?

Parfois, un certain type de rival nous inspire de la jalousie :

Le rival jumeau


Marc a vécu avec une femme qui avait des relations multiples, alors que lui était fidèle. Cela ne l’a pas du tout gêné tant que ses rivaux ne lui ressemblaient pas : « Il s’agissait de relations bien différentes de celle vécue avec moi, ils ne me menaçaient pas. Mais, un jour, un autre homme, plus proche de moi, est entré dans sa vie. Et là, j’ai beaucoup souffert. » « Marc jouit d’une grande assise narcissique, note M. Winter (psy) Il est convaincu que personne ne vaut mieux que lui. Or le rival apparaît ici comme un double qu’il suppose plus parfait que lui et qui menace de prendre sa place. D’où l’explosion de sa jalousie. »

Le rival opposé


A l’inverse, Sylvain, professeur de français, ne peut supporter un rival qui soit son contraire : « L’ex de ma femme n’avait éveillé en moi aucune jalousie jusqu’au jour où je suis tombé sur une de ses lettres, truffée de fautes d’orthographe ! Ça m’a anéanti. Je ne comprenais plus rien. Si elle avait pu aimer cet homme, comment pouvait-elle m’aimer moi qui suis si différent ? » « Il y a, derrière cette réaction, estime M. Winter (psy), l’incertitude d’être véritablement l’objet du désir de l’autre : “Si ce que je lui donne n’est pas ce qu’elle désire, alors que me veut-elle ? Que veut-elle ? Et moi, qui suis-je ? Que me manque-t-il ?” Il s’agit à la fois d’un effondrement de son identité et d’une blessure narcissique. »

Pourquoi est-il si difficile de ne pas être jaloux ?

Beaucoup pensent que la jalousie est une preuve d’amour. Si notre partenaire n’est pas jaloux, il est courant qu’on le lui reproche. C’est à son aune que nous mesurons la force de la passion. La jalousie fait alors partie intégrante du plaisir de l’amour : elle réveille, amplifie, érotise ! C’est un aphrodisiaque. Relancer son désir sur la jalousie est d’ailleurs une pratique courante. La violence du désir est décuplée, liée à l’agressivité, à l’envie d’écraser, le rival… « Mon mari m’a toujours fait des scènes de jalousie tout à fait injustifiées, raconte Lucie. J’en étais très agacée jusqu’au jour où je me suis rendue compte qu’il aimait cela. Après ces scènes, il me faisait l’amour avec une ardeur accrue. »

Mais la jalousie n’est pas gouvernée uniquement par la passion. Pendant des siècles, elle a été avant tout une affaire d’honneur à régler entre hommes. Le Méditerranéen, par exemple, se doit d’être jaloux : cela relève du code social. « Mais, aujourd’hui, les codes ont changé, tournant souvent le dos à l’héritage culturel », explique C. Anthony.

Nous avons tous des stratégies – inconscientes – pour nous protéger. Certains se « blindent » ! Au point qu’ils ne peuvent ou ne veulent plus tomber amoureux : leur refus d’aimer est un refus d’être trahi. D’autres arrivent à se convaincre qu’ils gardent toujours la place préférentielle. D’autres encore s’inventent des échappatoires surprenantes : Jean, pousse sa femme dans les bras d’un autre et désire assister à la scène. Ce n’est pas qu’il ne soit pas jaloux. Au contraire : sa jalousie est si aiguë qu’il lui faut à tout prix y échapper. En lui appliquant des figures concrètes, il l’exorcise.

« On ne « guérit » pas de la jalousie, on l’apprivoise pour l’apaiser

L’écriture, par exemple, a apaisé bien des jaloux. « Ecrire, c’est tuer ! » pour reprendre les mots exacts d’H. Michaux. Combien de films, de pièces de théâtre, de romans, de scénarios n’ont-ils pas été bâtis sur ce sentiment ! Chloé, elle, a choisi la psychothérapie et le Love Coaching : « Cela m’a aidée à changer de regard, à prendre du recul et, surtout, à mieux supporter les moments de crise », confie-telle.

Mais attention, on ne « guérit” pas de la jalousie. Pas plus qu’on ne guérit de l’amour. L’analyser n’est pas une anesthésie. En clair, nous ne pouvons pas refuser d’être jaloux, mais nous pouvons refuser de nous laisser détruire par la jalousie.

Agnès Love Coach

Lise : “J’ai compris qu’à travers mon mari, j’étais jalouse de mon père »

Lise, 31 ans : « Quand j’ai épousé Bruno, de quinze ans mon aîné, j’étais d’une jalousie maladive. Je jetais les lettres et les photos de ses ex. Je lui faisais des scènes épouvantables. Nous étions au bord de la rupture… J’ai décidé de suivre une analyse. Là, j’ai compris que l’origine de mon délire venait d’un violent ressentiment envers mon père. A mes 12 ans, âge auquel j’avais besoin d’être reconnue dans ma féminité, il avait détourné son attention de moi vers une amie de ma mère et ne s’en cachait pas, c’était une « petite brune pétillante et énergique »disait-il ! J’étais blonde et plutôt réservée et très calme… Il ne la trompait pas, mais cette femme était devenue une sorte de déesse intouchable et moi je rêvais de lui ressembler. L’analyse m’a aidée à prendre de la distance vis-à-vis de ma jalousie qui n’avait donc pas grand-chose à voir avec Paul. Surtout que son comportement, je l’avoue, était irréprochable. »

Conseils pour apaiser votre jalousie

  • Interdisez-vous de fouiller dans ses affaires, de l’épier sur les réseaux sociaux car vous trouverez toujours de quoi aiguiser votre jalousie : pour le jaloux, tout est preuve ! Ne nourrissez pas votre souffrance !
  • Repensez aux débuts de votre rencontre et tâchez de retrouver le sentiment de confiance qui vous animait alors. Cela vous évitera de sombrer dans la suspicion paranoïaque.
  • N’hésitez pas à voir votre « rival.e » si son image vous hante. Cela cassera le fantasme – car un jaloux imagine toujours le pire ! Cela donnera à votre jalousie les « contours précis » d’un corps, donc une limite. C’est un efficace premier pas vers la reconstruction .

Conclusion

Osez avouer et accepter être jaloux est la première étape pour avancer et éviter les souffrances inutiles que vous vous infligez à vous-même (et peut-être aussi à votre partenaire). Vous vivez une situation amoureuse où la jalousie est présente ? Ne restez pas seul.e, parlons en !

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