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Agnès Love coach

Lorsque je commence un coaching, il y a une question qui revient sans cesse. « Agnès, est-ce que je dois accepter ça ? » : Est-ce que je dois accepter qu’il soit jaloux ?  Qu’elle ne me fasse plus l’amour ? Qu’il refuse de parler de l’avenir ? Qu’elle soit très contrôlante ? Qu’il continue à discuter avec son ex ? Qu’elle me critique devant les autres ? Qu’il passe tout son temps au travail ? Qu’elle me fasse régulièrement culpabiliser ? Qu’il ne m’aide jamais ? Etc… Je pourrai écrire un livre entier sur ce sujet.

Limites couple

Au fond, la situation importe presque moins que la question elle-même. Car derrière ces mots, mes clients ne me demandent pas seulement mon avis. Ils cherchent une certitude. Ils voudraient que quelqu’un leur dise enfin où se situe la frontière entre ce qui est normal et ce qui ne l’est plus, entre ce qui fait partie des imperfections inévitables de la vie de couple et ce qui devrait conduire à dire stop. Je comprends cette attente.

« Lorsque nous aimons, nous doutons beaucoup plus facilement de notre propre jugement. Nous avons peur d’être trop exigeants. Nous craignons de ne pas être assez tolérants. Nous nous demandons si nous ne dramatisons pas une situation que d’autres supporteraient très bien. Alors nous cherchons une règle extérieure qui nous éviterait d’avoir à décider seuls. ».

Agnès Love Coach

Pourtant, c’est précisément cette règle que je suis incapable de vous donner. Non pas parce que je n’aurais pas d’opinion. Mais parce que je pense que la question est mal posée.

Je ne crois pas qu’il existe une liste universelle de ce qu’il faudrait accepter ou refuser dans un couple. Et si je prétendais le contraire, je simplifierais à l’extrême quelque chose qui, dans la réalité, est infiniment plus complexe.

Pourquoi n’existe-t-il pas de règle universelle des limites dans le couple ?

Notre époque adore les réponses définitives et rapides. Il suffit d’ouvrir les réseaux sociaux pour tomber sur des vidéos qui expliquent en moins d’une minute comment reconnaître un manipulateur, comment savoir si quelqu’un vous aime vraiment ou à partir de quel comportement il faudrait quitter une relation…. Etc

« Je comprends pourquoi ces contenus et vidéos sur les réseaux rencontrent autant de succès : Ils rassurent. Ils donnent l’impression que les relations humaines obéissent à quelques règles simples qu’il suffirait d’apprendre pour ne plus angoisser ou souffrir en amour. Malheureusement, mon expérience m’a appris exactement l’inverse. »

Agnès Coach

Lors de mes nombreuses années d’accompagnement, j’ai rencontré des couples qui ne ressemblent à aucun manuel :

J’ai vu des partenaires se disputer avec une intensité incroyable, claquer les portes, se dire des mots qu’aucun thérapeute ne conseillerait d’utiliser… puis construire malgré tout une relation solide, durable et satisfaisante.

J’ai rencontré des couples d’une politesse irréprochable. Ils ne criaient jamais. Ne se coupaient jamais la parole. Tout semblait paisible. Pourtant, chacun me décrivait une immense solitude affective. Ils vivaient côte à côte, mais ne se rencontraient plus.

Lequel de ces deux couples est le plus heureux ? Je serais bien incapable de répondre avec certitude. Parce que la qualité d’une relation ne se résume ni au nombre de disputes, ni à la fréquence des rapports sexuels, ni au partage des tâches ménagères, ni même à l’intensité de l’amour déclaré.

Un couple est un équilibre. Et il existe autant d’équilibres qu’il existe de couples. C’est précisément ce qui rend toute généralisation dangereuse.

Le véritable problème n’est pas ce que vous acceptez dans votre couple, mais pourquoi vous l’acceptez

C’est ici que, selon moi, la réflexion devient intéressante. Lorsque quelqu’un me demande : « Est-ce que je dois accepter cela ? », je lui réponds rarement directement. Je préfère lui poser une autre question : « Pourquoi l’acceptez-vous aujourd’hui ? » La différence peut sembler subtile. En réalité, elle change tout.

Prenons deux personnes vivant exactement la même situation : Toutes les deux ont un compagnon peu démonstratif.

La première me dit : « J’aurais aimé davantage de tendresse, mais je connais sa façon d’aimer. Il est présent, fiable, attentif lorsque j’ai besoin de lui. Ce n’est pas un homme de grands discours, mais je me sens profondément en sécurité avec lui. »

La seconde me dit : « Je souffre tous les jours de cette distance. Je me demande sans cesse s’il m’aime encore. J’essaie de ne rien demander parce que j’ai peur qu’il me trouve envahissante. Je pleure souvent en silence. »

Conclusion : Le comportement du partenaire est identique. La souffrance ne l’est pas. C’est pourquoi je me méfie énormément des conseils universels. Ce n’est pas toujours le comportement qui fait souffrir. C’est la rencontre entre ce comportement et notre propre manière d’aimer, notre histoire, nos besoins, nos blessures, nos attentes. Autrement dit, ce qui est supportable pour une personne peut devenir profondément destructeur pour une autre.

L’illusion qui nous fait beaucoup souffrir : trouver la bonne personne

Nous cherchons souvent la bonne personne comme si elle devait naturellement nous éviter les difficultés que nous avons connues auparavant. Nous imaginons qu’un jour nous rencontrerons enfin quelqu’un avec qui tout deviendra simple. Les désaccords seront rares, les frustrations limitées et les compromis presque inutiles.

Cette idée est séduisante mais je ne l’ai pourtant jamais rencontrée ! Car la vérité est que tous les couples ont un prix.

Je ne parle pas ici d’un prix au sens d’un sacrifice permanent. Je parle du fait que toute relation implique des renoncements. Lorsque nous choisissons un partenaire, nous choisissons également les difficultés qui accompagneront cette relation.

 « Aimer une personne très indépendante demandera probablement d’accepter davantage de distance. Vivre avec quelqu’un d’anxieux impliquera souvent davantage de réassurance. Construire une famille recomposée supposera de composer avec des loyautés, des enfants, des ex-conjoints, des habitudes déjà installées. Nous ne choisissons donc jamais seulement une personne. Nous choisissons aussi le type de difficultés avec lesquelles nous allons apprendre à vivre. »

Cette idée me paraît essentielle, car elle nous fait quitter le fantasme de la compatibilité parfaite. Le véritable amour ne consiste pas à trouver quelqu’un qui ne nous frustrera jamais et qui cochera toutes les cases de nos attentes et fantasmes. Il consiste à rencontrer une personne dont les limites nous semblent compatibles avec notre manière de vivre et d’aimer.

La question devient alors beaucoup plus profonde : Le prix que cette relation me demande de payer est-il un prix que je choisis librement ? Ou suis-je simplement en train de m’habituer à souffrir ?

Nous confondons souvent accepter et se résigner

C’est probablement la confusion que j’observe le plus souvent. Beaucoup de personnes me disent : « J’accepte son caractère. » Mais lorsqu’on prend le temps d’explorer leur quotidien, on découvre autre chose.

  • Elles ne disent plus ce qu’elles pensent.
  • Elles choisissent soigneusement leurs mots pour éviter une dispute.
  • Elles renoncent à certaines sorties parce qu’elles savent que leur partenaire le prendra mal.
  • Elles cachent leurs émotions pour ne pas être jugées « trop sensibles ».
  • Petit à petit, elles modifient leur manière d’être.

Elles appellent cela de la tolérance. Moi j’appelle ça de la sur-adaptation qui produit alors une disparition progressive de soi.

 « Accepter une différence n’est pas devenir quelqu’un d’autre. Je peux accepter que mon compagnon soit peu bavard. Je peux accepter qu’il aime davantage la solitude que moi. Je peux accepter qu’il ne soit pas passionné par les mêmes loisirs. Mais si, pour préserver notre relation, je dois renoncer à exprimer ce que je ressens, faire constamment attention à ne pas le contrarier ou vivre dans la peur de ses réactions, nous ne parlons plus d’un simple compromis. Nous parlons d’une (sur-)adaptation qui risque, à long terme, de coûter très cher. »

Agnès Love Coach

« Et vous, Agnès, vous êtes d’accord que je ne dois pas acceptez ça ? »

Cette affirmation-question me fait toujours sourire. Je comprends pourquoi on me la pose. Les personnes espèrent que je vais leur donner une réponse simple.

Pourtant, ce que moi j’accepterais à votre place n’a finalement que très peu d’intérêt car :

  • Je ne suis pas vous.
  • Je n’ai pas votre histoire.
  • Je n’ai pas vos blessures.
  • Je n’ai pas votre manière d’aimer.
  • Je n’ai pas votre seuil de tolérance.

Mon rôle n’est donc pas de vous dire ce que moi je supporterais. Mon rôle est de vous aider à comprendre pourquoi vous supportez ce que vous supportez :

  • Acceptez-vous cette situation parce qu’elle est réellement compatible avec vos valeurs ?
  • Ou parce que vous avez peur de perdre cette personne ?
  • Parce que vous pensez qu’elle changera ?
  • Parce que vous doutez de mériter mieux ?
  • Parce que vous confondez fidélité et sacrifice ?

Ces questions sont beaucoup plus difficiles. Mais ce sont aussi celles qui permettent d’avancer.

Peut-on être heureux dans un couple que les autres jugent mauvais ?

Je pense que oui ! Et cette idée dérange souvent. Nous aimons croire qu’il existe une définition objective du bonheur conjugal. Pourtant, certains couples très conflictuels sont sincèrement heureux et trouvent leur équilibre à deux. À l’inverse, des couples que tout le monde admire vivent dans une profonde détresse émotionnelle. Je me garderai donc bien de décider à la place des autres ce qui devrait les rendre heureux.

En revanche, je crois qu’il existe une question que nous ne devrions jamais cesser de nous poser :

  • Cette relation me permet-elle encore de rester libre ?
  • Libre de penser.
  • Libre de dire non.
  • Libre d’exprimer mes besoins.
  • Libre d’avoir des amis.
  • Libre d’évoluer.
  • Libre de devenir la personne que j’ai envie d’être.

À partir du moment où cette liberté disparaît progressivement, je pense que nous devons alors nous inquiéter. Parce qu’une relation peut durer très longtemps tout en réduisant peu à peu celui ou celle qui la vit.

Alors, que faut-il refuser dans un couple ?

Je pourrais terminer cet article en dressant une longue liste de comportements à bannir ABSOLUMENT : La violence. L’humiliation. Les menaces. L’emprise. Le contrôle permanent…. Évidemment.

Mais je crois qu’il existe un critère encore plus profond que tous les autres. Refusez tout ce qui vous oblige progressivement à devenir quelqu’un que vous n’êtes plus :

  • Refusez TOUTES relations dans lesquelles vous ne pensez plus librement.
  • Celles où vous doutez sans cesse de votre valeur.
  • Celles où vous devez continuellement justifier ce que vous ressentez.
  • Celles où votre énergie est entièrement consacrée à préserver un équilibre que vous êtes seul à maintenir.

Parce qu’un couple ne devrait jamais exiger que l’un disparaisse pour que deux puissent rester ensemble.

La question que je pose presque toujours en fin de coaching

Elle nous ramène à la seule chose sur laquelle nous pouvons réellement réfléchir : la relation telle qu’elle existe aujourd’hui. Et c’est souvent à cet instant que le silence s’installe. Non parce que la personne a trouvé sa réponse. Mais parce qu’elle cesse enfin de regarder le couple qu’elle espère construire pour commencer à regarder celui dans lequel elle vit réellement.

Conclusion : Que doit-on accepter dans un couple ?

Je crois que nous devrions apprendre à nous poser de meilleures questions : Non pas « Mon partenaire est-il normal ? » Mais : « Cette relation me permet-elle encore de devenir pleinement moi-même ? » Non pas : « Les autres accepteraient-ils cela ? » Mais : « Est-ce que, moi, je peux vivre durablement avec cette réalité sans me trahir ? »

L’amour ne nous demande pas de trouver un partenaire parfait. Il nous demande d’avoir suffisamment de lucidité pour distinguer les concessions qui nourrissent une relation de celles qui finissent, lentement, par nous éteindre ou nous éloigner de nous-mêmes.

Vous voulez discutez avec moi de ce que vous jugez plutôt anormal dans votre couple ? Prenons rendez-vous :

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