Agnès Love coach

ou Quand l’intensité amoureuse se fait passer pour une évidence

Il y a des histoires d’amour qui commencent sans presque rien. Un regard. Une voix. Une façon d’être là, une attirance magnétique. Alors parfois, intérieurement, tout démarre à toute vitesse. C’est déjà un monde. Comme une évidence. C’est elle. C’est lui.

S’emballer trop vite en amour est souvent jugé sévèrement. On parle de naïveté, de projections, de manque de discernement. Comme si l’emballement était toujours le signe d’une pauvreté psychique. Or, comme je l’explique souvent, c’est souvent l’inverse. L’emballement est souvent le signe d’une hyper-sensibilité. Les personnes qui s’emballent sont le plus souvent des personnes très vivantes intérieurement, très réceptives, très sensibles aux nuances. Elles perçoivent vite. Elles sentent juste, parfois. Elles captent des micro-signaux, des résonances, des correspondances subtiles.

Et c’est précisément là que le piège commence. Parce que ressentir très fort nous fait croire à tort que c’est une évidence, on est connectés ! C’est l’âme sœur ! Mais c’est ici que l’emballement joue un vilain tour car ressentir très fort, connecter très fort n’est pas rencontrer.

« Je le sens, c’est mon âme soeur ! » : quand le ressenti devient un argument

« Je ne sais pas l’expliquer, mais je le sens, c’est sur, c’est lui. » Cette phrase revient souvent. Elle est sincère. Elle n’est pas fausse. Mais elle est dangereuse car le ressenti est une information mais pas une preuve. Or, quand on s’emballe, ce ressenti devient (à tort) une certitude.

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Cette intensité intérieure se transforme alors en autorité. Elle tranche. Elle décide pour vous. Elle ferme la discussion. Ce que vous vivez subjectivement comme une lucidité profonde est le plus souvent une accélération de votre psychisme, un emballement de tous vos sens avant même que le réel n’ait eu le temps de répondre.

« Le problème n’est pas de sentir vite.
Le problème est de croire que sentir vite équivaut à savoir de manière sure. » Agnès

Ce qui s’emballe chez vous n’est pas toujours l’autre

Il faut être précis. Quand l’emballement commence, ce n’est pas forcément la personne en face qui est investie. C’est ce qu’elle réveille : Une promesse implicite. Une sortie du désert affectif. Un sentiment rare : celui d’être enfin rejoint.

L’autre devient alors moins un individu qu’un point d’appui. Il soutient une histoire qui, bien souvent, le précède. Une histoire ancienne, parfois inconsciente, où il est question de reconnaissance, de réparation, de sécurité, de choix enfin clair.

« Avec lui, je me sens moi. ». Mais qui est ce “moi” qui surgit si vite ? Parfois, ce n’est pas un soi stable qui rencontre l’autre, mais un soi longtemps en attente (d’être aimé) qui se projette face à une possibilité.

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L’intelligence émotionnelle : l’arme à double tranchant des personnes qui s’emballent en amour

Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les personnes “peu conscientes” qui s’emballent le plus vite. Ce sont souvent celles qui savent analyser, relier, expliquer. Celles qui comprennent les mécanismes relationnels, qui ont lu, travaillé sur elles, parfois même accompagné les autres.

Elles savent très bien pourquoi l’autre est distant. Elles comprennent son histoire. Elles contextualisent ses silences : « Il a besoin de temps. » « Il a peur. » « Ce n’est pas contre moi. » Tout devient cohérent. Trop cohérent.

« L’intelligence ne freine pas l’emballement. Elle le rend sophistiqué. Elle le rend défendable. Elle permet de tenir une relation… sans relation réelle. Car comprendre n’est pas rencontrer !
Analyser n’est pas être en lien … »

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Pourquoi ralentir une relation amoureuse fait si peur ?

Ralentir une relation amoureuse paraît simple, en théorie. Dans la réalité psychique, c’est parfois une grande violence : Ralentir, c’est accepter de ne pas savoir. C’est rester dans le flou. C’est supporter que cette relation ne soit pas encore nommée.

Or, pour certaines personnes, ce “pas encore” est insupportable. Il réactive une angoisse plus ancienne : celle de l’attente, de l’abandon, du vide. Aller vite permet de remplir. De fixer. De solidifier artificiellement quelque chose qui, sans cela, tremblerait trop.

S’emballer devient alors une stratégie de survie émotionnelle. Pas consciente. Mais efficace, à court terme.

La grande illusion de la réciprocité immédiate

« Il y a une croyance tenace, rarement interrogée : si je ressens cette évidence amoureuse, l’autre la ressent forcément aussi. Or l’amour n’obéit pas à une symétrie naturelle. Deux personnes peuvent être sincèrement engagées dans une même histoire tout en n’avançant pas au même rythme intérieur. L’un explore, l’autre construit. L’un ressent, l’autre observe. »

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MAIS ATTENTION / Le danger apparaît lorsque l’emballement exige : Une réponse. Un miroir. Une intensité équivalente. Ce qui était un élan devient une attente. Puis une pression. Souvent silencieuse. Mais bien réelle.

Ce que la vitesse de l’emballement amoureux empêche de voir

« Aimer lentement est une épreuve narcissique, un travail sur soi difficile. Car aimer lentement n’a rien de romantique. C’est inconfortable. C’est frustrant. La lenteur oblige à renoncer à l’euphorie immédiate, à la fusion fantasmatique, à l’histoire qu’on se raconte toute seule. Elle impose de rester présent là où le désir n’est pas encore sûr, là où l’autre résiste, là où rien ne garantit l’issue. Mais c’est pourtant précisément là que le lien peut devenir réel.
La lenteur ne protège pas de la perte. Mais elle protège de l’illusion. »

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Pourquoi ralentir est salutaire ?

Ralentir est salutaire non pas parce que la lenteur serait une vertu morale, mais parce qu’elle remet le réel à sa juste place. Elle empêche l’histoire intérieure de précéder la relation, et elle protège le lien de ce qui, très vite, peut l’étouffer.

Ralentir permet d’abord une chose essentielle : redonner du temps au réel. Le réel ne se révèle pas dans l’intensité des débuts passionnels, mais dans la répétition. C’est dans la durée que l’on observe comment l’autre traverse les frustrations, gère les silences, se positionne ou réagit face au manque, à la contradiction, à l’altérité. Aller vite donne accès à l’émotion. Ralentir donne accès à la structure. Sans ce temps, on ne rencontre pas une personne, on rencontre une promesse.

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Ralentir est également salutaire pour désolidariser le désir de la projection. Aller trop vite, c’est confondre le désir avec notre besoin excessif d’être choisi, reconnu (en réparation d’un passé affectif douloureux). La lenteur oblige à prendre le temps de distinguer ce qui vient de l’autre de ce qui vient de soi. Ce n’est qu’à cette condition que le désir devient relationnel.

Il y a aussi une raison plus inconfortable, mais centrale : ralentir expose au vide. À l’attente. À l’absence de garantie. Or c’est précisément ce vide que l’emballement cherche à éviter. Aller vite permet de remplir, de sécuriser symboliquement, de faire comme si quelque chose était déjà acquis (On s’invente – pour se rassurer – un scenario Disney). Ralentir, au contraire, oblige à rester dans l’inconfort de l’incertitude. Et cette capacité-là est un marqueur de maturité affective.

Une personne immature s’emballe. Une personne mature va lentement ou ralentit quand elle sent l’emballement.

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Ralentir est salutaire parce qu’il rééquilibre les rythmes psychiques. Dans beaucoup de relations, les vitesses intérieures sont différentes. Aller trop vite impose son tempo à l’autre, parfois sans même s’en rendre compte. La lenteur, elle, crée un espace commun. Elle permet à chacun d’exister sans être sommé de répondre à une intensité qui n’est pas encore la sienne. C’est une forme de respect du rythme de l’autre, mais aussi du sien propre.

Pour conclure, ralentir protège de la confusion entre intensité et solidité.
Une relation peut être très intense et très fragile. La lenteur, elle, n’abolit pas l’intensité, mais elle la met à l’épreuve du temps. Elle vérifie. Elle confronte. Elle laisse apparaître ce qui tient, et ce qui ne tient pas. Ce n’est pas un frein à l’amour, c’est un filtre indispensable.

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Ralentir n’empêche ni la passion, ni l’élan, ni le désir. Il empêche simplement de transformer trop vite une émotion en certitude, et une espérance en engagement implicite. En ce sens, ralentir n’est pas une retenue : c’est une condition de justesse, de sagesse et de maturité…. et la condition indispensable d’une relation saine et durable.

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