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Agnès Love coach

Les familles recomposées font rêver mais derrière les photos de vacances et les bonnes intentions se cachent parfois frustrations, jalousies, incompréhensions … Car lorsqu’on aime quelqu’un qui a déjà des enfants, on découvre vite que l’amour ne résout pas tout et qu’on doit composer avec le passé de l’autre, une autre organisation familiale, parfois un ex-conjoint très présent, des enfants qui ont leurs besoins, leurs blessures, leurs habitudes. C’est à ce moment là que les personnes m’appellent en me demandant :

Sti & Armelle – Éditions Bamboo – Tous publics – BD – histoire d’une famille recomposée

Comment gérer les problèmes relationnels avec les enfants de mon nouveau ou ma nouvelle partenaire ?
Comment gérer ma place de conjoint, beau père ou belle mère dans cette famille recomposée ?

Au début, on croit que l’amour suffira, que tout suivra

Lorsque deux personnes tombent amoureuses, elles regardent d’abord leur relation. Les enfants existent, bien sûr, mais ils restent souvent à l’arrière-plan. Chacun espère que la bonne volonté, l’affection et le temps permettront à tout le monde de trouver naturellement sa place.

Pourtant, la vie quotidienne finit toujours par rattraper les plus belles intentions. Les vacances, l’organisation de la maison, l’argent, les habitudes éducatives, les règles de vie ou simplement la manière de parler aux autres révèlent parfois des différences profondes. Ce qui semblait simple au début devient alors beaucoup plus complexe. Beaucoup de couples découvrent avec surprise qu’ils ne souffrent pas d’un manque d’amour, mais des difficultés inhérentes à la recomposition familiale.

Le vrai problème n’est pas toujours l’enfant

Lorsqu’un conflit éclate, l’enfant est souvent désigné comme responsable. Pourtant, lorsque l’on gratte un peu sous la surface, on découvre fréquemment autre chose.

« Ce qui fait souffrir – au fond – n’est pas le comportement de l’enfant, mais la façon dont le parent réagit ou ne réagit pas. Une adolescente peut être insolente, un jeune adulte peut manquer d’autonomie, un enfant envahissant tout l’espace, etc … Ce qui blesse profondément le conjoint, c’est son sentiment de solitude face à la situation. »

Agnès Love Coach

Lorsqu’un parent minimise, excuse systématiquement ses enfants ou refuse d’entendre les difficultés rencontrées par son partenaire, la frustration s’installe. Derrière de nombreux conflits avec les enfants de l’autre se cache en réalité un problème de couple qui n’ose pas dire son nom.

« Quelle est ma place de nouveau conjoint ?« 

C’est probablement l’une des questions les plus délicates dans une famille recomposée. Le nouveau conjoint se retrouve souvent dans une position paradoxale. On lui demande parfois de participer à la vie familiale, d’aider, de soutenir, de s’impliquer émotionnellement, mais sans lui reconnaître une véritable légitimité. Il doit être présent mais discret. Investi mais sans autorité. Concerné mais sans pouvoir de décision. Cette place floue crée beaucoup de souffrance. Car il est difficile de vivre au quotidien avec des personnes qui influencent directement notre qualité de vie tout en ayant le sentiment de ne pas avoir le droit d’exprimer ce qui nous dérange.

« Dois-je ou puis-je me mêler de l’éducation des enfants de mon partenaire ?« 

La question est complexe parce qu’il n’existe pas de réponse universelle. Dans certaines familles, le parent biologique reproche à son conjoint de ne pas suffisamment s’investir. Dans d’autres, il lui demande au contraire de ne surtout pas intervenir. Beaucoup de beaux-parents ont ainsi l’impression que les règles changent en permanence.

On leur demande de garder les enfants, de les conduire à leurs activités, de participer financièrement à certaines dépenses, mais on leur rappelle parfois brutalement qu’ils ne sont pas leur père ou leur mère lorsqu’ils expriment un désaccord éducatif.

« Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si vous pouvez ou devez intervenir dans l’éducation de ses enfants, mais de définir clairement – ENSEMBLE avec votre partenaire – ce qui relève du parent et ce qui concerne l’ensemble de la vie commune. Car lorsqu’on partage un foyer, certaines questions dépassent largement le cadre de l’éducation et touchent directement au respect mutuel et à l’équilibre du couple. »

Agnès Love Coach et psychanalyste

« Mes enfants seront toujours ma priorité. » Cette affirmation est celle qui fragilise le plus les couples

Parmi les phrases que j’entends le plus souvent figure celle-ci : « Mes enfants seront toujours ma priorité. » Derrière cette affirmation, il y a généralement beaucoup d’amour et de responsabilité. Pourtant, elle peut devenir problématique lorsqu’elle signifie que le conjoint passera systématiquement après tout le reste.

Dans une famille recomposée, opposer les besoins des enfants et ceux du couple est rarement une bonne stratégie. Les enfants ont besoin de sécurité, mais le couple aussi. Un conjoint qui se sent constamment relégué au second plan finit par accumuler du ressentiment. À long terme, cette frustration peut abîmer profondément la relation.

« Le vrai enjeu pour construire une vie de famille recomposée n’est pas de choisir entre les enfants et le couple, mais de comprendre que l’équilibre repose sur la capacité à prendre soin des deux. »

Agnès Love Coach

Les familles recomposées ont besoin de règles plus que d’amour

Cela peut sembler paradoxal, mais les familles recomposées qui fonctionnent le mieux ne sont pas nécessairement celles où tout le monde s’aime immédiatement. Ce sont souvent celles où chacun connaît sa place et comprend les attentes des autres. Qui prend les décisions ? Quelles sont les règles de la maison ? Quels sont les espaces réservés au couple ? Quelles sont les responsabilités de chacun ? Lorsque ces questions restent floues, les malentendus se multiplient. À l’inverse, lorsque le cadre est clair, les tensions diminuent considérablement. La clarté ne supprime pas toutes les difficultés, mais elle permet à chacun de savoir sur quel terrain il évolue.

« Peut-on aimer son conjoint sans aimer ses enfants ?« 

C’est un sujet tabou dont on parle trop peu. Beaucoup de beaux-parents culpabilisent parce qu’ils ne ressentent pas pour les enfants de leur partenaire l’amour spontané qu’ils éprouvent pour les leurs. Ils se jugent sévèrement et se demandent ce qui ne va pas chez eux. Pourtant, cette situation est extrêmement fréquente.

« Aimer son conjoint ne signifie pas automatiquement aimer ses enfants comme les siens. Il est possible de les respecter, de leur souhaiter du bien, de participer à leur équilibre et à leur sécurité sans développer un attachement parental identique. »

Agnès Love Coach

Accepter cette réalité enlève souvent un poids immense. Car les familles recomposées ne se construisent pas forcément sur un amour immédiat entre tous leurs membres. Elles se construisent d’abord sur le respect, la patience et la capacité à cohabiter de manière suffisamment harmonieuse.

Deux exemples :

Exemple 1 avec Sophie

« J’ai l’impression que sa fille passe avant tout, même avant notre avenir ensemble. » Sophie

Sophie a 34 ans. Depuis trois ans, elle vit une belle histoire avec Thomas, 35 ans, père d’une petite fille de six ans qu’il a en garde alternée. Thomas est un père attentif, tendre et très investi. Au début, Sophie admirait cette implication. Après tout, elle trouvait rassurant de voir un homme prendre son rôle de père au sérieux.

Mais avec le temps, quelque chose a commencé à la faire souffrir : Sophie souhaite avoir un enfant. Thomas lui répond qu’il n’est pas prêt. Il veut profiter de sa fille, stabiliser son organisation, attendre encore quelques années. Pourtant, Sophie observe qu’il consacre déjà l’essentiel de son temps, de son énergie et de ses ressources à son rôle de père.

Chaque projet de couple semble repoussé à plus tard. Les vacances sont organisées autour de l’enfant. Les finances sont pensées en priorité pour l’enfant. Les discussions tournent souvent autour de cet enfant.

Peu à peu, Sophie ne souffre plus seulement de l’attente d’un bébé. Elle commence à avoir le sentiment qu’il n’y a plus beaucoup de place pour construire leur propre famille. Elle culpabilise de ressentir cela car elle aime cette petite fille et ne souhaite pas entrer en compétition avec elle. Pourtant une question douloureuse s’impose à elle : est-ce que Thomas a encore de l’énergie psychique disponible pour construire autre chose, ou est-il totalement absorbé par son rôle de père ?

La réalité : Le problème n’est pas l’enfant. Le problème est la difficulté à trouver un équilibre entre la famille déjà existante et celle qui pourrait naître.

Mon analyse et mes conseils dans ce cas 1

Lorsque j’ai accompagné Sophie dans cette situation, je l’ai d’abord invité à faire très attention à un piège : celui de croire qu’elle est en concurrence avec l’enfant. En réalité, ce n’est généralement pas l’enfant qui pose problème.

Ici, Sophie ne souffre pas parce que son compagnon aime sa fille. Elle sent qu’il l’aime. Elle souffre parce qu’elle a le sentiment qu’il ne reste plus suffisamment de place pour construire leur propre avenir. La discussion ne doit donc pas porter sur l’enfant mais sur le projet de couple.

Je l’ai donc invité à se poser une question simple : « Quelle place souhaites-tu donner à votre histoire dans les années qui viennent ? »

Car derrière le refus ou le report d’un projet d’enfant, je constate parfois autre chose (comme ici avec Sophie). Certains parents séparés ont tellement investi leur rôle de père ou de mère après un divorce qu’ils peinent à redevenir pleinement disponibles pour une nouvelle construction familiale. Ce n’est pas forcément conscient. Ils veulent être de bons parents, réparer certaines blessures, rattraper le temps perdu ou compenser la séparation.

Mais pendant ce temps-là, leur partenaire attend…. Et lorsque le désir d’enfant est en jeu, le temps n’a pas la même valeur pour tout le monde ! Surtout pour une femme en âge limite de pouvoir être enceinte !

« Mon conseil est donc toujours d’obtenir de la clarté. Aborder le sujet en toute transparence mutuelle. Pas forcément une réponse immédiate, mais une position claire des deux partenaires. Attendre quelques mois peut être raisonnable. Attendre indéfiniment ne l’est généralement pas. Un projet de vie mérite des paroles honnêtes et des décisions assumées. »

Agnès Love Coach

Exemple 2 avec Isabelle

« Je me sens comme une femme secondaire dans sa propre vie » Isabelle

Isabelle et Marc ont tous les deux 45 ans. Chacun arrive dans la relation avec deux enfants. Du côté d’Isabelle, les choses se passent plutôt bien. Son ex-conjoint respecte les limites, les enfants sont autonomes, polis et l’organisation est fluide. Chez Marc, la situation est différente. Ses adolescents obtiennent presque toujours ce qu’ils veulent de leurs parents biologiques. Les horaires sont négociés en permanence. Les règles changent selon leur humeur. Lorsqu’un conflit apparaît, Marc préfère céder plutôt que de risquer une tension avec eux. Isabelle observe cette dynamique depuis plusieurs années sans vraiment parvenir à s’y habituer.

À cela s’ajoute une communication très fréquente entre Marc et son ex-femme (mère des enfants). Rien ne laisse penser qu’il existe encore des sentiments amoureux entre eux et Isabelle n’est pas jalouse de cette ancienne relation. Elle sait que Marc est honnête et transparent. Pourtant, elle a souvent le sentiment que leur couple passe après tout le reste. Les enfants ont besoin de quelque chose : Marc accourt. L’ex-femme appelle : Marc répond immédiatement. Un problème scolaire surgit : tout s’arrête.

Progressivement, Isabelle ne souffre pas de la présence des enfants ni même de celle de l’ex-conjointe. Elle souffre de ne plus trouver sa place comme partenaire de vie. Elle a parfois l’impression que Marc est avant tout un père et un ancien mari coparent, et seulement ensuite son compagnon.

Ce qui fragilise leur couple n’est pas l’amour. C’est le sentiment persistant qu’aucun espace n’est véritablement protégé pour eux deux. Car dans une famille recomposée, le danger n’est pas toujours le conflit ouvert. Il peut aussi prendre la forme plus discrète d’un conjoint qui finit par se sentir relégué à la périphérie de la relation.

Mon analyse et mes conseils dans ce cas 2

Dans ce type de situation, j’observe souvent que le problème n’est ni l’ex-conjointe ni les enfants. Le problème est que le partenaire amoureux ne se sent plus suffisamment choisi.

Je vois régulièrement des parents séparés qui vivent dans une forme de culpabilité permanente. Ils ont peur de blesser leurs enfants. Ils ont peur d’être perçus comme de mauvais parents. Ils ont peur qu’on leur reproche la séparation. Alors ils deviennent extrêmement disponibles. Ils répondent immédiatement à tous les appels. Ils cèdent plus facilement. Ils veulent être présents partout.

L’intention est belle. Mais le résultat est parfois catastrophique pour le couple.

« Lorsque tout devient prioritaire sauf la relation amoureuse, le conjoint finit par se sentir secondaire. Il ne demande pas forcément davantage de temps. Il demande surtout davantage de considération. J’invite alors souvent la personne à ne pas attaquer les enfants. Ce n’est généralement pas le vrai sujet. Dire : « Tes enfants prennent trop de place » conduit presque toujours à une impasse. En revanche, dire : « J’ai besoin de sentir que notre couple compte aussi » ouvre un dialogue beaucoup plus constructif.

Agnès Love Coach

Lorsque comme ici avec Isabelle et Marc nous avons échangé aussi en coaching de couple : J’invite le parent (Marc ici) à réfléchir à cette question : être un bon père (ou une bonne mère) signifie-t-il être disponible à chaque instant ? Mon expérience me montre que non. Les adolescents ont besoin d’amour, mais aussi de limites. Ils ont besoin de savoir que leurs parents ont également une vie d’adulte, un couple et des espaces qui leur appartiennent. Et que leur mère reste leur mère mais que leur papa a une nouvelle amoureuse et que c’est avec elle qu’ils vont désormais créer une nouvelle famille.

Conclusion :

Ce que je constate souvent dans les familles recomposées après des années d’accompagnement, c’est que les conflits autour des enfants portent au fond au delà des enfants. Ils portent sur la place de chacun :

  • Les enfants veulent être rassurés sur l’amour de leurs parents.
  • Les parents veulent rester de bons parents.
  • Et les nouveaux conjoints veulent sentir qu’ils existent réellement dans cette nouvelle famille.

« Lorsqu’une personne me dit : « Je ne supporte plus ses enfants », je sais que cela veut en réalité dire « Je ne trouve pas.plus ma place. » Et c’est généralement à cet endroit précis que commence le vrai travail pour un vrai changement épanouissant. »

Agnès Love Coach

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