Pourquoi ses sentiments ont-ils disparu ?
Pourquoi – d’un seul coup – il.elle ne se projette plus ?
Vous pensiez de manière certaine qu’avec lui.elle vous étiez en train de vivre une histoire d’amour sincère et forte. Il semblait amoureux (vous en êtes même sur.e), présent, investi. Il parlait même projets ! (ou vous n’aviez jamais vraiment parlé de « la suite » tant la relation semblait aller de soi). Puis, progressivement, parfois brutalement mais sans l’avoir ayez vu venir, un jour, cette phrase tombe « Je ne suis plus amoureux. ». Mais pour celle ou celui qui est ainsi quitté, cette phrase censée être une « explication » n’explique rien.
Il.elle vous annonce « Je ne suis plus amoureux. » Vous pensez :
- Était-il sincère ?
- Je suis pourtant sur.e qu’elle m’aimait !
- Il a un problème psy ?
- Depuis quand doutait-elle ?
- Pourquoi continuer à être tendre ?
- On faisait des projets ensemble très concrets !
- Il me disait « je t’aime »
- Je me suis fait manipuler !?
- Il ou elle a voulu profiter de moi ?!
Il n’existe pas une réponse unique et valable pour toutes les ruptures. Et surtout, il n’existe pas toujours une seule raison. Plusieurs mécanismes (à lire plus bas) peuvent se cumuler : la fin de l’intensité des débuts prise pour la fin de l’amour, une relation vécue très fortement mais dont l’avenir n’a jamais été réellement pensé, des attentes différentes qui n’ont pas été formulées, une difficulté à s’engager lorsque le lien devient plus concret, une incompatibilité découverte avec le temps, une baisse du désir, un doute qui s’installe silencieusement, ou simplement un sentiment qui s’est réellement transformé.
À cela peut s’ajouter chez la personne qui quitte la culpabilité de sentir qu’il va faire souffrir quelqu’un qui, parfois, ne lui a rien fait de mal. Il peut alors repousser la rupture, continuer à être affectueux, essayer d’y croire encore, faire des projets qu’il espère encore désirer — jusqu’au jour où il ne peut plus maintenir cette contradiction, ce tiraillement en lui.
« A noter. Chercher à comprendre ce qui peut se passer dans la tête de la personne qui vous a quitté ne consiste pas à l’excuser par espoir de son retour ni à lui coller un diagnostic du style «il est peureux de l’engagement», «elle sabote toutes ces relations», etc…
Agnès Love Coach
Chercher à comprendre efficacement et rendre intelligible ce qui – pour vous – est profondément incohérent n’est possible qu’en analysant en profondeur toute votre relation ET depuis ses débuts. »
(Je peux vous y aider prenons rdv)
« Il était pourtant amoureux de moi » : l’incompréhension après la rupture
Les ruptures sont souvent bien plus douloureuses lorsqu’il y a une ou des incohérences apparentes car ce sont ces incohérences qui obsèdent et empêchent de se concentrer sur quelque d’autre ! Comment quelqu’un qui semblait amoureux, présent, désirant, parfois même enthousiaste à l’idée d’un avenir commun, peut-il quelques semaines ou quelques mois plus tard affirmer qu’il ne l’est plus ? Certains même affirment en quittant : « Ce n’est pas toi ! Tu es une personne formidable. Mais je ne sais pas pourquoi je ne sais pas plus amoureux. »
Et plus la relation a été forte, connectée, plus la personne quittée cherche nécessairement à identifier le moment où tout aurait basculé. Elle repasse en boucle dans sa tête les dernières semaines, les messages, les vacances, les gestes tendres. Elle cherche une cause parce qu’il lui paraît psychologiquement impossible qu’une histoire aussi intense puisse se terminer brutalement sur une phrase aussi absurde que pauvre et incompréhensive que : « Je ne suis plus amoureux. »
Comprendre cette annonce brutale de perte de sentiments
Vous avez vécu la même relation, mais peut-être pas la même histoire
Deux personnes peuvent partager beaucoup d’intimité, passer énormément de temps ensemble, voyager, dormir presque chaque nuit ensemble, rencontrer leurs amis respectifs et pourtant ne pas attribuer la même signification à ce qu’elles vivent.
L’une peut penser que la relation est naturellement en train de devenir un couple durable tandis que l’autre vit intensément le présent sans avoir réellement pensé la suite. Nous sommes bien souvent chacun sur notre planète pensant que l’autre ressent, pense, fonctionne comme nous.
A NOTER/ Je conseille souvent lors de mes séances de coaching, de ne pas passer l’étape de communiquer sur les attentes de chacun pour éviter un investissement amoureux déséquilibré sans le savoir.
« Lorsque l’avenir de votre relation n’a jamais été explicitement abordé, chacun peut découvrir tardivement qu’il avait construit silencieusement une histoire différente. »
Agnès
« Pourtant, il m’avait promis… » : peut-on être sincère et changer d’avis ?
La question devient plus douloureuse lorsque celui qui part avait parlé d’avenir. Voyage dans six mois, installation commune, enfants, projets, parfois mariage : comment ne pas considérer ces paroles comme des engagements ?
« Il faut savoir qu’une promesse peut avoir été sincère au moment où elle a été prononcée sans que celui qui la formule ait réellement mesuré ce qu’elle engageait. Votre ex fait peut-être partie de ces personnes qui parlent depuis l’intensité de leur sentiment présent et lui attribuent spontanément une permanence. Elles ne mentent pas nécessairement : elles prennent leur certitude d’aujourd’hui pour une certitude sur demain. »
Que se passe-t-il lorsqu’on commence à ne plus ressentir « comme avant » ?
On imagine volontiers que l’on cesse d’être amoureux comme on découvre soudainement une évidence. En réalité, le mouvement peut être beaucoup plus progressif et confus. Un manque moins intense, moins d’impatience à retrouver l’autre, une baisse du désir, davantage d’irritation ou simplement cette sensation difficile à définir que quelque chose a changé. C’est alors que peut apparaître une question intérieure particulièrement déstabilisante : « Est-ce que je l’aime encore ? » Certains vont pouvoir interroger ce changement et le mettre en mots dans le couple. D’autres vont l’interpréter immédiatement comme le commencement de la fin.
Quand la disparition de l’état amoureux est confondue avec la disparition de l’amour
L’intensité des débuts ne constitue pas un état relationnel durable. Pourtant, certaines personnes ne savent reconnaître l’amour qu’à travers ce qu’il leur fait ressentir : le manque, l’excitation, le désir permanent de retrouver l’autre, l’impression d’évidence, la nouveauté. Lorsque cette intensité diminue et que la relation devient plus familière, elles ne se demandent pas toujours ce que leur sentiment est devenu. Elles concluent parfois qu’il a disparu. C’est ici que se joue une confusion fondamentale entre ne plus aimer comme au commencement et ne plus aimer du tout.
Pourquoi celui qui commence à douter ne dit-il rien ?
C’est l’une des questions les plus douloureuses après une rupture : « Pourquoi ne m’en a-t-il pas parlé ? Nous aurions peut-être pu faire quelque chose. » Mais celui qui doute ne sait pas nécessairement immédiatement qu’il veut partir. Il peut espérer que son sentiment revienne, craindre de faire inutilement souffrir l’autre, ne pas savoir lui-même mettre des mots sur ce qui lui arrive ou redouter qu’une simple interrogation déclenche une crise majeure. Il existe aussi des personnes qui pensent leur couple essentiellement seules : elles traversent tout le processus du doute intérieurement et ne font entrer leur partenaire dans leur réflexion qu’au moment où elles ont presque terminé de décider.
Pourquoi était-il encore tendre, amoureux en apparence, parfois même dans les projets ?
C’est souvent ce qui rend la rupture presque irréelle. Trois jours auparavant, il était tendre. Deux semaines auparavant, vous aviez réservé des vacances. La veille encore, rien ne semblait annoncer un départ. Nous imaginons à tort qu’une personne qui envisage de quitter devrait déjà ne plus rien ressentir. Or on peut éprouver de l’attachement, de la tendresse, du désir parfois, aimer profondément certains aspects de la relation et néanmoins sentir que l’on ne souhaite plus y rester. L’ambivalence existe. Elle devient particulièrement douloureuse lorsque celui qui la vit ne la partage jamais avec l’autre.
La culpabilité de celui qui quitte : « Je vais faire souffrir quelqu’un qui ne m’a rien fait »
Toutes les ruptures ne sont pas conduites par des personnes froides, égoïstes ou indifférentes. Certaines sont au contraire retardées par la culpabilité. Il est parfois plus difficile de quitter quelqu’un de bien avec lequel « tout va bien » que de partir après une trahison ou des conflits répétés. Comment justifier son départ lorsque l’autre vous aime, n’a commis aucune faute majeure et que vous savez la souffrance que vous allez provoquer ? Cette culpabilité peut paradoxalement conduire à différer la conversation, à continuer les projets, à essayer encore, à se montrer particulièrement tendre — jusqu’au moment où la décision tombe et paraît, pour celui qui la reçoit, incompréhensiblement brutale.
Pourquoi celui qui part peut-il soudain ne plus voir que ce qui n’allait pas ?
Il existe un phénomène particulièrement déconcertant après certaines ruptures : celui qui semblait heureux quelques semaines auparavant dresse soudain la liste de tout ce qui ne fonctionnait pas. Des différences autrefois anodines deviennent des incompatibilités. Des défauts longtemps acceptés deviennent insupportables. L’histoire commune semble relue à charge. Ce mouvement n’est pas nécessairement une manipulation consciente. Pour pouvoir partir malgré sa culpabilité et son attachement, celui qui quitte peut avoir besoin de rendre sa décision psychiquement cohérente. Il ne falsifie pas forcément l’histoire ; il peut commencer à la regarder depuis l’endroit où il se trouve désormais.
« Il a peur de l’engagement », « elle a un profil évitant » : les explications qui rassurent parfois trop vite
Après une rupture incompréhensible, nous cherchons naturellement une explication qui rétablisse une logique. La peur de l’engagement, l’attachement évitant, une blessure ancienne ou la peur d’aimer peuvent réellement participer à certaines ruptures. Mais ces explications deviennent dangereuses lorsqu’elles sont utilisées comme certitudes : si l’autre est parti parce qu’il a « peur de ses sentiments », alors ses sentiments existent toujours ; s’il est « évitant », il suffirait peut-être d’attendre. Comprendre les mécanismes psychologiques possibles ne doit jamais devenir une manière sophistiquée de nier une réalité beaucoup plus simple et douloureuse : aujourd’hui, cette personne a choisi de partir.
Était-il sincère lorsqu’il disait m’aimer ?
Après la rupture, le passé entier est contaminé par le présent. S’il ne m’aime plus aujourd’hui, m’aimait-il réellement hier ? Ses paroles étaient-elles vraies ? Les moments heureux l’étaient-ils autant pour lui que pour moi ? Nous cherchons une réponse binaire : soit il m’aimait et quelque chose d’incompréhensible s’est produit, soit il ne m’a jamais aimé et toute l’histoire était fausse. Pourtant, une troisième possibilité existe : ce qui s’est terminé a réellement existé. Un sentiment peut avoir été authentique sans être durable. Une personne peut avoir cru profondément à une histoire et découvrir ensuite qu’elle ne souhaite plus la poursuivre. La fin d’un amour ne réécrit pas nécessairement sa vérité passée.
Comprendre pourquoi il est parti sans inventer ce que vous ne pouvez pas savoir
C’est probablement l’étape la plus importante après une rupture : sortir à la fois de l’incompréhension et de la certitude imaginaire. Vous ne pouvez pas entrer dans la tête de celui qui est parti. En revanche, vous pouvez reprendre votre histoire avec beaucoup plus de précision : ce qui a été dit, ce qui ne l’a jamais été, les actes, les promesses, les contradictions, la manière dont chacun parlait de l’avenir, les premiers changements, ce que vous aviez perçu sans savoir l’interpréter. Comprendre une rupture ne consiste pas à fabriquer une explication rassurante à la place de l’autre. Il s’agit de retrouver suffisamment de cohérence pour ne plus rester prisonnier de cette seule question : « Mais pourquoi ? »
Et maintenant : comprendre votre histoire à vous
Les mécanismes décrits dans cet article permettent d’ouvrir des pistes. Ils ne permettent pas de savoir, à eux seuls, ce qui s’est joué dans votre relation. Une rupture apparemment soudaine peut recouvrir des réalités très différentes : un sentiment qui s’est progressivement éteint, une difficulté à passer de l’état amoureux à un amour plus construit, une incompatibilité longtemps tue, une peur de l’engagement, une ambivalence ancienne, ou simplement deux personnes qui n’avaient jamais donné le même sens à leur histoire.
C’est souvent au début d’un accompagnement que je reprends avec vous cette chronologie. Non pour prétendre savoir ce que votre ex pense à sa place, ni pour vous promettre son retour, mais pour distinguer les faits de vos interprétations, comprendre ce qui s’est réellement joué entre vous et vous permettre enfin d’y voir plus clair.