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Agnès Love coach

Comment rester gentil en amour sans se faire manipuler, abusé, ou quitté ? Trop gentil, trop disponible, trop généreux… la plupart des personnes qui me posent cette question savent d’ailleurs que pour ne pas être manipulé, il faudrait apprendre à poser ses limites, à ne pas trop s’investir et à préserver ses intérêts. Mais cette prudence, devenue presque une règle des relations modernes, soulève une contradiction : Comment rester soi même et aimer librement si l’on doit constamment mesurer ce que l’on donne ?

Doit-on vraiment apprendre à être moins gentil ?

Il est devenu courant d’entendre qu’en amour, il ne faut pas trop donner. Il faudrait savoir se faire désirer, ne pas se montrer systématiquement disponible, attendre que l’autre fasse le premier pas et veiller à ce que chacun investisse la relation dans des proportions comparables.

Ces recommandations découlent d’une inquiétude ou situation aussi répandue que compréhensible : celle de donner davantage que l’on ne reçoit et de découvrir, parfois trop tard, que l’autre a profité de notre générosité. Mais certains d’entre vous – et j’en fais partie – s’interrogent :

Pourquoi faudrait-il calculer ce que l’on donne pour être respecté ?

Une personne naturellement empathique et généreuse doit-elle devenir plus distante pour éviter d’être manipulée ?

Doit-elle apprendre à retenir son affection, son attention ou sa disponibilité, au risque de ne plus se reconnaître elle-même ?

« Aujourd’hui, à force de vouloir prévenir les déséquilibres, on finit presque par considérer la générosité, l’empathie et la gentillesse systématiquement suspecte, toute concession comme une soumission et tout sacrifice comme le symptôme d’une dépendance affective ! Or, une relation amoureuse ne se réduit pas à la défense permanente de deux intérêts individuels. »

Agnès Love Coach

Aimer, c’est obligatoirement accepter de faire de la place à l’autre, parfois au détriment de son confort immédiat. Sinon, restons célibataires. Et aimer et faire de la place pour l’autre ne signifie pas nécessairement renoncer à soi.

La question n’est donc pas simplement de savoir combien nous donnons, mais de comprendre ce qui nous conduit à donner et ce que nous acceptons de vivre dans cette relation.

Être très gentil n’est pas une faiblesse, c’est une qualité

 » Il existe des personnes spontanément attentionnées, qui éprouvent un plaisir réel à faire plaisir. Elles aiment organiser des surprises, se montrer présentes lorsque leur partenaire traverse une difficulté, offrir leur temps ou leur énergie sans tenir de comptes. Cette générosité n’est pas nécessairement le signe d’un manque de confiance en soi ou d’un besoin excessif d’être aimé. Elle peut simplement correspondre à une manière d’exprimer ses sentiments et à une conception personnelle de la relation. » Agnès

Pourquoi faudrait-il alors la modérer ?

  1. Le fait d’être capable de beaucoup donner ne signifie pas que l’on soit incapable de poser ses limites. Une personne peut être extrêmement généreuse, profondément amoureuse, très disponible, tout en sachant parfaitement refuser ce qui ne lui convient pas.
  2. À l’inverse, quelqu’un qui donne peu peut être très dépendant affectivement, craindre l’abandon et accepter des comportements qu’il désapprouve.

« La vulnérabilité à la manipulation ne se mesure donc pas à la quantité de ce que l’on donne, mais à la liberté que l’on conserve de ne pas donner. »

Agnès Love Coach

Parole de love Coach : Les personnes manipulées ne sont pas nécessairement celles qui manquent d’affirmation personnelle. Certaines relations abusives reposent sur des mécanismes progressifs de pression, de culpabilisation ou de contrôle qui peuvent affecter des individus habituellement autonomes.

La gentillesse n’explique donc pas, à elle seule, pourquoi une personne devient vulnérable dans une relation.

Donnez-vous par réelle envie ou donnez-vous par peur ?

Imaginons Pauline, qui aime rendre service à son compagnon. Elle l’aide dans ses projets, adapte parfois son emploi du temps pour le retrouver et lui témoigne régulièrement son affection. Elle ne se sent ni lésée ni contrainte. Elle apprécie cette manière d’aimer et son compagnon respecte ses décisions. Pourquoi faudrait-il lui conseiller d’en faire moins ?

Prenons maintenant Sylvie qui adopte des comportements apparemment identiques. Elle se rend disponible même lorsqu’elle est épuisée. Elle accepte des demandes qui la dérangent. Elle redoute de dire non parce qu’elle craint que son compagnon se désintéresse d’elle ou se mette en colère.

Extérieurement, ces deux femmes peuvent sembler aussi généreuses l’une que l’autre. Pourtant, elles ne vivent pas du tout la même chose émotionnellement :

« Le problème commence lorsque donner n’est plus véritablement un choix, mais une condition supposée nécessaire pour être aimé. Cette différence ne se voit pas toujours. Une personne peut même se persuader qu’elle agit exclusivement par amour alors qu’elle redoute, sans vouloir se l’avouer, de perdre l’affection de son partenaire. Elle ne s’autorise jamais à décevoir, à refuser ou à exprimer un désir différent. Sa gentillesse est réelle. Mais elle est devenue une contrainte intérieure ».

Agnès

Peut-on se sacrifier par amour sans se soumettre ?

C’est probablement l’une des questions les plus intéressantes lorsqu’on aborde la gentillesse dans le couple. La notion de sacrifice est aujourd’hui souvent considérée avec méfiance. On insiste, à juste titre, sur la nécessité de préserver son autonomie, ses désirs, son identité et ses projets personnels. Mais faut-il en conclure qu’une relation équilibrée serait une relation dans laquelle personne ne renonce jamais à rien ?

Exemple d’un homme qui accepte changer de région pour sa compagne

Cet homme accepte de changer de région parce que sa compagne vient d’obtenir une opportunité professionnelle importante. Il laisse donc derrière lui un environnement qu’il aime, des habitudes et même certaines perspectives professionnelles.

Objectivement, il fait un sacrifice. Pour autant, cela signifie-t-il qu’il est soumis, dépendant ou incapable de poser ses limites ? Pas nécessairement. Cet homme a longuement réfléchi, considéré ce qu’il allait perdre, évalué les conséquences de sa décision et choisi librement de privilégier leur projet commun. Son renoncement n’est pas une négation de lui-même. Il est l’expression de ses valeurs, de son engagement et de la place qu’il souhaite accorder à sa relation.

« La distinction fondamentale n’oppose donc pas ceux qui se sacrifient à ceux qui refusent de le faire. Elle oppose plutôt le sacrifice consenti, assumé et réfléchi au sacrifice subi, motivé par la peur et transformé ensuite en ressentiment. »

Agnès Love Coach

Une personne peut reconnaître que son choix a un coût sans considérer automatiquement que l’autre lui est redevable pour toujours.

Une autre personne peut accumuler des renoncements qu’elle n’a jamais véritablement acceptés, puis d’en faire porter la responsabilité à son partenaire.

A noter/ Il faut cependant éviter une conclusion trop facile : un sacrifice librement accepté peut, avec le temps, devenir lourd à porter. Il peut aussi mériter une reconnaissance et une réévaluation de l’équilibre du couple. Assumer son choix ne signifie pas renoncer au droit d’en parler, de regretter certaines conséquences ou de demander que l’autre tienne compte de ce que l’on a engagé.

« L’amour n’exige pas l’absence de renoncements. Il exige que ceux-ci puissent être pensés, discutés et reconnus. »

Agnès

Quand la gentillesse devient une invitation à dépasser vos limites

Toutes les personnes ne réagissent pas de la même manière face à la générosité :

  • Certaines la reconnaissent, l’apprécient et veillent spontanément à ne pas en abuser. Elles savent que la disponibilité de leur partenaire ne constitue pas un droit acquis.
  • D’autres s’y habituent progressivement. Ce qui relevait initialement d’une attention particulière devient une disponibilité considérée comme normale. Le service exceptionnel finit par être attendu. Le refus, auparavant parfaitement acceptable, devient une source de contrariété.
  • Il existe enfin des personnes qui exploitent les difficultés de leur partenaire à s’opposer. Elles insistent après un refus, mobilisent la culpabilité ou font dépendre leur affection de l’obtention de ce qu’elles souhaitent.

La difficulté est que ces situations ne sont pas toujours immédiatement identifiables.

« Il serait dangereux de considérer que tout déséquilibre relève de la manipulation. Mais il est tout aussi dangereux de croire qu’une personne généreuse peut toujours empêcher l’autre d’abuser d’elle simplement en posant mieux ses limites. 
La responsabilité d’un comportement manipulateur appartient à celui qui l’exerce. »

Agnès Love Coach

Une question mérite une attention particulière :

Comment votre partenaire réagit-il lorsque votre gentillesse rencontre un refus, une limite ?

  • Accepte-t-il votre décision, même s’il est déçu ?
  • Cherche-t-il à comprendre votre position ?
  • Ou tente-t-il de vous faire changer d’avis en vous culpabilisant, en vous dévalorisant ou en retirant son affection ?

Une relation ne révèle pas seulement sa qualité lorsque les partenaires sont d’accord. Elle la révèle aussi dans la façon dont ils traversent les conflits et leurs désaccords.

Donner beaucoup, est-ce attendre beaucoup en retour ?

Voici une autre question, plus inconfortable. Certaines personnes donnent énormément, mais supportent difficilement de ne pas recevoir l’équivalent de ce qu’elles offrent. Elles se montrent présentes, anticipent les besoins de l’autre, se rendent indispensables et finissent parfois par accumuler une frustration considérable.

Leurs reproches peuvent alors prendre une forme bien connue : « Avec tout ce que je fais pour toi, tu pourrais quand même faire un effort. » Le problème n’est pas d’espérer une réciprocité. Il est légitime de souhaiter une relation dans laquelle chacun se sent considéré. Mais la réciprocité ne signifie pas nécessairement la symétrie.

À RETENIR : Deux partenaires peuvent aimer avec la même intensité sans manifester leur attachement de la même façon. L’un sera très démonstratif, l’autre plus discret. L’un exprimera sa générosité à travers les services rendus, l’autre par sa présence, son écoute ou son soutien. Ce qui compte n’est donc pas que chacun rende exactement ce qu’il reçoit, mais que les besoins et les contributions des deux partenaires aient leur place.

Agnès Love Coach

Soyez honnête envers vous-même

IMPORTANT : Ne donnez jamais à l’autre dans l’espoir secret que l’autre se comportera ensuite comme vous le souhaitez car cela peut créer une difficulté : car un cadeau affectif assorti d’une obligation implicite n’est plus entièrement gratuit. Cela ne rend pas son auteur malveillant. Mais cela suppose d’interroger honnêtement vos attentes plutôt que de considérer systématiquement l’autre comme ingrat lorsqu’il n’y répond pas.

« Il arrive régulièrement que la personne qui se présente comme la plus généreuse du couple soit aussi celle qui reproche le plus à son partenaire de ne pas en faire suffisamment. Parce qu’elle n’a jamais appris à exprimer ses besoins et ses limites, elle finit par rendre l’autre responsable des renoncements qu’elle a elle-même accumulés. Sa souffrance peut être sincère. Mais elle ne suffit pas à établir que son partenaire en est entièrement responsable. Être gentil n’exonère pas de la responsabilité de ses propres choix. Et c’est parfois une réalité difficile à accepter pour celui qui s’est toujours construit autour de l’image d’une personne dévouée et irréprochable. »

Agnès Love Coach

Le risque de transformer l’amour en comptabilité affective

À vouloir éviter toute dépendance, toute asymétrie et tout sacrifice, on risque de tomber dans un autre excès : celui d’une relation dans laquelle chacun surveille constamment ce qu’il donne et ce qu’il reçoit. Qui a envoyé le dernier message ? Qui a proposé la dernière rencontre ? Qui a fait le plus de concessions ? Qui paraît le plus amoureux ?

Cette façon de mesurer l’investissement amoureux peut donner une impression de maîtrise. Pourtant, elle ne garantit ni l’égalité, ni le respect, ni la sécurité affective. Elle peut même finir par installer une méfiance permanente. L’amour n’est pas une opération comptable dans laquelle chacun devrait s’assurer de ne jamais investir davantage que l’autre.

Il existe des périodes où l’un des partenaires donne beaucoup plus. Une maladie, une difficulté professionnelle, un deuil ou une période de fragilité peuvent profondément déséquilibrer la répartition des efforts. Faut-il alors réclamer immédiatement une compensation pour préserver l’équité ? Évidemment, non.

Dans une relation durable, la réciprocité se comprend aussi dans le temps. Celui qui soutient aujourd’hui pourra avoir besoin d’être soutenu demain, sans que les contributions soient nécessairement équivalentes ni qu’une dette soit explicitement contractée.

Savoir poser ses limites sans renoncer à sa générosité

On confond parfois la capacité à se protéger avec la méfiance. Pourtant, il n’est pas nécessaire de soupçonner systématiquement les intentions d’autrui pour préserver son équilibre. Poser une limite ne signifie pas considérer l’autre comme dangereux ou potentiellement manipulateur. Cela signifie reconnaître que ses besoins ne prévalent pas automatiquement sur les vôtres.

Il est possible d’aimer profondément quelqu’un et de ne pas vouloir le voir ce soir. De se montrer généreux et de refuser de prêter de l’argent. D’accompagner son partenaire dans une difficulté sans accepter d’en devenir l’unique solution. Ces décisions ne devraient pas nécessiter de longues justifications ni provoquer une culpabilité disproportionnée.

Encore faut-il accepter que l’autre puisse éprouver de la déception. Et c’est souvent ici que se trouve l’une des difficultés les plus importantes pour les personnes qui ont appris à être toujours agréables : elles interprètent parfois la déception d’autrui comme la preuve qu’elles ont mal agi.

«  Décevoir n’est pas nécessairement blesser. Et ne pas satisfaire un désir de l’autre n’est pas manquer d’amour. Une relation suffisamment solide doit pouvoir accueillir les frustrations ordinaires qu’impose l’existence de deux individus distincts. Elle doit aussi permettre à chacun de donner librement, sans qu’une attention généreuse devienne automatiquement une obligation pour l’avenir. »

Agnès Love Coach

La liberté d’aimer suppose aussi la liberté de donner beaucoup

Faut-il finalement apprendre à doser sa gentillesse ? La réponse est moins simple qu’il n’y paraît, car une limite ne peut pas être fixée uniquement en fonction de la quantité de ce que l’on donne. Ce qui est excessif pour une personne ne l’est pas nécessairement pour une autre.

Certains aiment intensément prendre soin de leur partenaire. D’autres ont besoin de davantage d’indépendance. Ces différences ne constituent pas, en elles-mêmes, des signes de maturité ou d’immaturité affective. La véritable question à vous poser honnêtement est ailleurs :

  • Pouvez-vous continuer à être généreux sans craindre qu’un refus compromette votre relation ?
  • Pouvez-vous accepter de faire un sacrifice sans considérer ensuite que l’autre vous doit une compensation ?
  • Pouvez-vous reconnaître que vous donnez trop pour votre propre équilibre, même lorsque personne ne vous impose de le faire ?
  • Et surtout : êtes-vous capable de regarder lucidement la personne à laquelle vous donnez ?

« La générosité ne dispense pas du discernement. On peut aimer donner et constater que l’autre ne sait pas recevoir sans exiger davantage. On peut être profondément attentionné et décider de ne plus investir une relation dans laquelle cette attention est systématiquement exploitée. »

Agnès Love Coach

À RETENIR :

1. L’autonomie affective ne consiste pas à ne jamais se sacrifier. Elle consiste à pouvoir choisir ses sacrifices, en mesurer le prix et ne pas faire de leur acceptation une condition pour être aimé.

2. Il ne s’agit donc pas de devenir moins gentil, moins disponible ou moins amoureux pour se protéger. Il s’agit de pouvoir rester généreux sans être prisonnier de sa générosité.

3. Peut-être est-ce là une forme de maturité amoureuse trop peu évoquée :

  • savoir donner beaucoup sans se soumettre,
  • savoir recevoir sans profiter,
  • savoir renoncer à quelque chose sans renoncer à soi-même.

Vous n’arrivez pas à équilibrer donner et recevoir ? Vous constatez un déséquilibre dans votre relation ? Parlons en ensemble et mettons la lumière sur ce sujet :

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