Comment faire respecter mes limites ?

D’où vient le non-respect de mes limites ?

Coupé de mes sens …

Commençons par un exemple concret : Lorsque Zoé était enfant, elle devait manger ce qu’il y avait dans son assiette. Mais, elle n’aimait pas les endives ni le poisson cru. Ses parents lui répondaient alors : « Tu ne sais pas ce qui est bon ! » Ses parents jugeaient aussi certains de ses comportements comme « mauvais », alors que Zoé avait envie simplement envie de revendiquer ses goûts et exprimer sa joie. Ces situations se répétant plusieurs fois, l’inconscient de Zoé a « enregistré » que ses ressentis,ses sens la trompaient et que la vérité venait des figures d’autorité, la vérité venait de l’extérieur.

Le fait que Zoé avait une information venant de ses sens et une information contradictoire venant de ses parents, ou de tout autre figure d’autorité (prof par exemple), l’inconscient de Zoé a bien compris que les repères sur lesquels elle doit s’appuyer viennent de l’extérieur. Zoé perd ses repères intérieurs ! Il n’y a chez elle pas d’appui intérieur : il n’y a pas de « Moi ». Cette construction génère des phrases du type : « Le chocolat c’est bon ! » Mais interdit l’intériorité : « J’aime le chocolat »

Zoé réalise qu’elle cherche à justifier sa position en se basant sur une référence extérieure du type :

  • « Ça ne se fait pas ! »  » Il ne faut pas »
  • « Ce n’est pas bien ! »

Zoé comprend alors que ces phrases toute faites n’expriment pas ce qui est vivant en elle, son vrai « Moi ». Zoé prend conscience que cette façon de faire est l’expression de la coupure de son intériorité, de la déconnexion d’elle-même.

Coupé de sa propre essence

Si je crois que le chocolat est bon, je ne peux pas intégrer que le chocolat à un goût qui lui est propre et que j’aime ce goût. Je ne vais donc pas comprendre une personne qui n’aime pas le chocolat. Car, je ne vais pas comprendre qu’elle peut aimer des choses que je n’aime pas et inversement.

En passant par les sens, j’accède à mon essence.

Si je n’ai pas intégré que mes sens m’amène une expérience unique qui m’est propre, je n’ai pas intégré mon unicité. Et si je n’ai pas intégré mon unicité, je ne peux pas intégrer l’existence de l’autre, que l’autre a une expérience distincte de la mienne.

Si je n’ai pas intégré que mon expérience est unique, je ne peux pas avoir conscience que seuls mes sens sont mes repères ! Je n’ai pas de repères intérieurs, donc je ne peux pas percevoir l’extérieur en contraste. Je ne perçois pas la limite entre l’intérieur et l’extérieur.

Si je ne fais pas la distinction entre mon expérience et l’expérience de l’autre, entre mon intérieur et l’extérieur, je ne peux pas percevoir ce qui me différencie de l’autre. Il n’y a donc pas de limite entre moi et l’autre. L’autre est perçu comme un objet conceptuel, tout comme mon « Moi », mon unicité. Si je n’intègre pas la limite du « Moi » alors : seule « LA Vérité » existe, seule l’information existe indépendamment des sens : Je deviens alors certaine que « Les endives c’est bon ».

La déconnexion de ses sens engendre une perte de sens. En découle l’application de règles sans sens. Ce qui génère un système totalitaire. D’où la colère qui cherche à appliquer « le bon comportement ».

Si je suis coupé de mes sens je suis coupé du sens.

Véronique réalise qu’elle est coupée de son intériorité et qu’elle est « perchée » dans des règles du type « ça se fait » et « ça ne se fait pas ». Elle voit qu’elle n’a pas pleinement intégré la limite du Moi, ce qui fait qu’elle ne sait pas clairement quelles sont ses limites. Elle souhaite maintenant savoir comment intégrer ses limites et les faire respecter.

Comment faire respecter mes limites ?

Pour faire respecter mes limites, il faut d’abord que j’intègre mes limites

Intégrer mes limites c’est commencer par intégrer ma singularité, mon « Moi », ma différence

Comme nous l’avons vu plus haut, le chocolat n’est ni bon ni mauvais ! Il a un goût. Pour intégrer la limite, je dois intégrer la différenciation :
J’aime le chocolat
Mon ami Yann n’aime pas le chocolat

En étant connecté à mes sens, j’ai des repères intérieurs. En me basant sur mes ressentis, mon expérience, je peux identifier mon unicité. Et ainsi percevoir la différence entre moi et l’autre.

L’accès à mon unicité me permet d’exprimer ce qui est juste pour moi et uniquement pour moi. En ayant conscience que ce n’est pas obligatoirement du goût de l’autre. Je peux ainsi poser ma limite, en exprimant mon unicité.

Zoé réalise qu’elle n’a pas l’habitude de se baser sur son ressenti pour décider. Elle a plus l’habitude de raisonner pour faire le « bon choix ». Riche de cette compréhension, elle décide de s’entrainer à ressentir ce qu’elle aime et ce qu’elle n’aime pas. Puis le noter le soir avant de se coucher, pour bien l’intégrer.

Intégrer et oser le NON 

Certains parents ont du mal à poser le NON avec leur enfant en souhaitant lui éviter de lui faire de la peine. L’intention est bienveillante. Mais… l’enfant n’aura pas intégré les émotions de frustration. Il n’aura pas bénéficié de l’aide de l’adulte pour traverser ces émotions, car elles ont été évitées. Les conséquences sont qu’une fois adulte, la personne ne supportera pas ou très mal la frustration. Par conséquent, elle aura du mal à accepter le NON. Pour donner un exemple : si elle ne peut pas passer par la porte, elle cherchera à passer par la fenêtre ! Bien que cette personne soit en souffrance car elle n’arrive pas à vivre la frustration et cherche par tous les moyens à l’éviter, je vais devoir m’affirmer et donner mes limites en posant un NON ferme. Ce qui sera souffrant pour elle mais juste pour moi !

Lorsque je dis NON à quelque chose, je dis OUI à autre chose :

  • Quand je dis NON à la violence
  • Je dis OUI à la non-violence.

Si je n’ose pas dire NON à ce qui ne me convient pas, c’est que je ne dis pas OUI à ce qui me convient. Je me dis NON à Moi = 🙁
L’accès au NON est l’accès au OUI et donc l’accès à Moi ! = 🙂

Agnès Love Coach

Quand je n’ose pas dire NON à un comportement qui ne me convient pas, ceci signifie que je dis OUI à ce comportement. Je l’autorise indirectement.

  • EXEMPLE / Si je n’ose pas dire NON à une personne qui me ment pour arriver à ses fins.
  • Je me mens à moi-même pour arriver à mes fins : pour préserver mon image de « bonne personne » qui ne lui reproche rien...

En affirmant le NON, j’affirme le OUI à ce que je suis, à mes valeurs. Je suis comme le chocolat, j’ai un goût. Je serai aimé par certains et non par d’autres. Il y a un « moi » clair bien différencié et il y aura aussi les choix qui vont avec. Cette liberté n’est pas toujours confortable. Il s’agit de faire le choix entre :

  • L’inconfort d’être soi
  • ou
  • L’inconfort d’être ce que les autres veulent

Zoé prend conscience qu’elle a peur de dire NON. Elle réalise que le fait de ne pas dire non a des conséquences beaucoup plus larges que ce qu’elle pensait ! Elle décide de s’entrainer à dire NON sur des situations qui n’ont pas trop d’enjeux pour le moment. Et augmenter l’enjeu au fur et à mesure.

Intégrer mes limites humaines

Je suis un être humain : j’ai des limites physiques. J’ai besoin de sommeil, de manger … Sans nourrir ces besoins, j’aurais beaucoup moins de moyens : Si je suis fatigué, je ne vais pas avoir les moyens d’aider mon ami Adrien à déménager. Bien prendre conscience de mes limites physiques, me permet de les exprimer plus clairement, plutôt que de les nier, de m’épuiser et d’en vouloir à mon ami Adrien.

J’ai aussi des limites psychologiques. Je n’ai pas été élevé par Bouddha… Donc, j’ai des schémas inconscients de survie, qui cherche à détruire l’élément déclencheur. En m’énervant contre une personne par exemple… ou tout autre comportement destructeur. Or, je ne peux pas tout régler d’un seul coup de baguette magique. Mes schémas inconscients évoluent les uns après les autres.

Donnons une image : J’imagine que chaque schéma inconscient destructeur dont j’ai hérité soit un lapin qui court devant moi. Si j’ai 10 lapins qui courent devant moi et que je veux attraper les 10 en même temps, je n’en attraperais aucun ! C’est la même chose pour mes schémas inconscients de survie. À vouloir tout régler trop vite, je fais du sur place !

Je vais devoir attraper les lapins les uns après les autres et ça va prendre du temps. Ce qui veut dire qu’étant un être humain, je vais avoir des schémas destructeurs qui vont continuer de s’exprimer le temps que je m’occupe des plus importants de mon point de vue. Ma limite psychologique fait que mes comportements ne seront pas toujours adaptés. Et c’est en acceptant cette limite que mes comportements seront plus adaptés : je poserais parfois ma limite de manière virulente face à certains types de personnes.

Zoé réalise qu’elle cherchait à être parfaite en évitant d’avoir des comportements agressifs. Si bien qu’elle évitait d’exprimer sa limite à certains moments. Elle prend conscience qu’elle ne pourra pas être parfaite, car c’est impossible de chasser 10 lapins en même temps. Zoé s’aperçoit qu’à certains moments elle n’aura pas les moyens de poser sa limite de manière posée. Elle prend conscience qu’elle est limitée dans la manière de poser sa limite. Zoé comprend qu’être soi et poser sa limite, inclue des conséquences qui peuvent être inconfortable. Ce qu’elle jugeait mauvais avant d’avoir cette compréhension.

Identifier mes valeurs et mes besoins

Poser ses limites c’est exprimer ce qui est important pour moi et non changer l’autre. Pour ça, je dois être très au clair sur ce qui est important pour moi :

  • Mes valeurs : Ce qui me pousse à l’action (et non ce qui me fait réagir)
  • Mes besoins : Besoin de sécurité, de respect, de fidélité … etc

En connaissant mes valeurs et mes besoins, je peux les exprimer clairement. Je prends conscience qu’à certains moments, je ne peux pas répondre à mes besoins et à celui de l’autre. Ce qui pourra générer un inconfort pour mon interlocuteur qui aura un besoin non nourri.

En reconnaissant qui je suis, en ayant des repères intérieurs clairs, je passe de la lutte à l’affirmation. La reconnaissance de « Moi » engendre la reconnaissance de l’autre. Quand la limite entre Moi et l’autre est claire, je ne ressens plus le besoin de poser une limite. J’exprime simplement qui je suis.

Zoé prend conscience que son besoin de faire respecter sa limite avec son amoureux vient du fait qu’elle n’était pas claire sur ce qu’elle était, ce qu’elle aimait, ses besoins, ses valeurs… Elle réalise que faire respecter ses limites n’est pas lié à une lutte envers l’extérieur, mais à une connaissance de soi, de son intériorité et de son affirmation.

CONCLUSION / Vouloir poser une limite est l’expression d’un choix que je dois faire, face à deux situations inconfortables. Je suis face à ma limite, face à moi-même. Assumer pour s’affirmer, voilà le secret !

Vous avez du mal à vous affirmer ? A donner vos limites ? Faisons un point ensemble, vous pouvez y arriver à la liberté d’être VOUS ! Je prends rendez-vous avec Agnès Love Coach