avoir raison

Comment changer l’autre (quand on sait que c’est de sa faute) ?

IMPORTANT. Cet article est un article fondamental à lire très doucement et tranquillement en faisant l’effort de bien le comprendre car il ouvrira
– je l’espère – votre conscience et vous permettra de vivre désormais des relations toujours saines et surtout : vous « libérer« . A lire d’urgence.

Agnès Love Coach

Petite histoire pour comprendre comment nous sommes certains d’avoir raison.

L’histoire du paquet de biscuit

Voici l’histoire que vous connaissez peut-être :

Un jour, une dame qui attendait son vol dans un aérogare, alla dans une boutique pour trouver un bon livre, acheta en même temps un sac de biscuits, puis s’assit pour lire.

Bien qu’absorbée dans sa lecture, elle s’aperçut que l’homme à côté d’elle, effronté s’il en fut, prenait un ou deux biscuits dans le sac posé entre eux.
Elle fit mine de ne rien voir pour éviter un esclandre fâcheux en public. Elle lisait, mangeait des biscuits et surveillait le départ des avions, tandis que le « voleur de biscuits » se goinfrait à même ses provisions. De plus en plus agacée à mesure que le temps passait, elle songeait : « Si je n’étais pas si aimable, je le giflerais. »

Chaque fois qu’elle prenait un biscuit, l’homme sans gêne se servait. Lorsqu’il n’en resta qu’un seul, elle se demanda comment il réagirait. L’air content, il eut un petit rire nerveux, puis il prit le dernier biscuit, le cassa en deux, lui offrit une moitié et mangea sa part. Lui arrachant des mains, elle se dit : « Je n’en reviens pas, cet homme a du culot et ne pourrait pas être plus impoli, vraiment, il ne me dit même pas merci ! »

Elle ne se rappelait pas avoir été aussi exaspérée. Aussi soupira-t-elle d’aise, lorsque son vol fut annoncé. Rassemblant ses affaires, elle partit prendre son avion, sans même regarder l’ingrat voleur de biscuits.

Une fois à bord et confortablement installée, elle chercha son livre qu’elle avait presque terminé. En fouillant dans son sac, elle fut estomaquée, ses biscuits étaient là, sous ses yeux étonnés. « Si mes biscuits sont ici, pensa-t-elle, désespérée, alors les autres étaient les siens, que je lui ai volé moi-même et qu’il a bien voulu partager ! »

Trop tard pour s’excuser, elle se rendit compte, malheureuse, que c’était elle l’impolie, l’ingrate, la voleuse !

(Miroir, miroir, mon beau miroir !.. combien de fois accusons-nous les autres alors que nous ne remarquons pas ce que nous faisons nous-mêmes.)

Conclusion de l’histoire du paquet de biscuit

Dans l’évidente certitude dans laquelle elle était enfermée d’avoir ouvert son propre paquet de biscuits, cette femme n’a pu que révéler l’étroitesse de son jugement sur son voisin de salle d’attente. Pire, quand il lui a offert la moitié du dernier biscuit de son paquet à lui, elle s’est verrouillée dans sa supériorité arrogante, incapable de douter d’elle-même au moment où son interlocuteur montrait, à qui était capable de le voir, à quel point il était bienveillant et avait l’attitude opposée à la sienne.

Cette histoire, nous l’avons tous vécue à notre manière ; elle parle de notre inconscience, de notre absence complète de lucidité par rapport à ce que nous faisons, de notre distraction et de la manière dont – enfermés en nous-mêmes – nous nous permettons d’interpréter les faits et gestes des autres ! Elle parle de la manière dont nous sommes persuadés que nous comprenons les comportements des autres alors que nous projetons nos propres incompréhensions, nos propres émotions sur eux.
(Il y a quelques jours, par exemple, je m’indignais intérieurement de ce que je prenais pour une erreur en regardant la météo du jour à Paris alors que c’était moi qui m’étais trompé et regardais par inadvertance la météo de Bordeaux…. La plupart du temps – incapables de nous remettre en cause – nous n’accordons aucune importance à ce phénomène d’enfermement – alors qu’il est à l’origine de bien des incompréhensions et de bien des conflits entre les personnes.

Pourtant, hélas, notre parfait aveuglement, notre inconscience totale, le véritable tour de passe-passe que nous nous jouons à nous-même ne nous exonèrent évidemment pas de la complète responsabilité qui est la nôtre vis-à-vis des autres. Enfermés dans le cercle vicieux de nos certitudes, dans l’assurance de notre supériorité et de notre toute puissance, nous ne remettons pas en cause les jugements, les interprétations que nous portons sur les autres, à longueur de journées. Il nous suffit de nous mettre à l’écoute de nous-mêmes pour trouver nos propres exemples de jugements sans fondements que nous avons porté et portons sur les personnes que nous ne faisons que croiser et dont nous ne savons rien : celui-là est vraiment trop gros, celle-là a une coiffure épouvantable et s’habille n’importe comment, cet autre a le regard mauvais ou a l’air abruti… C’est à l’infini. Nous n’arrêtons pas.Comme dans l’exemple du paquet de biscuits, nous avons besoin de nous prendre en flagrant délit pour reconnaître que nos jugements hâtifs sont complètement subjectifs, donc faux, et qu’ils ne parlent en vérité que de nous.

La prétention dans le couple

Beaucoup de personnes semblent être certaines de l’interprétation qu’elles font des comportements de ceux qu’elles prétendent aimer sincèrement.

C’est ainsi qu’une jeune femme, frustrée par l’attitude de son conjoint confie : « J’ai cherché du côté des problèmes que rencontrait mon compagnon ce qui pouvait expliquer son comportement inapproprié à mon égard. Je n’ai rien trouvé de suffisamment grave pour le justifier. Il a un travail qui le passionne, prenant mais pas trop stressant, de bonnes relations avec ses collègues et supérieurs, des amis sincères, une famille unie et très présente pour lui, pas de problèmes de santé ni de couple à priori. »

Et elle concluait donc très sérieusement : « Son agressivité est donc gratuite envers moi. » Logique, puisque je suis irréprochable, c’est obligatoirement de la faute de l’autre quand quelque chose ne va pas entre nous.

Elle poursuivait en m’expliquant : «Le comportement de mon compagnon est particulièrement difficile à analyser car quand il n’est pas contrarié, il est charmant. » Enfermée dans son point de vue à elle, elle ne percevait pas qu’elle énonçait une vérité banale et inutile à énoncer. Ainsi en est-elle arrivée à me demander, sans voir qu’elle était en pleine projection : « La vraie question c’est de savoir si son attitude est modifiable suite à une prise de conscience ? Cela a- t-il à voir avec un manque d’humilité de sa part ou avec un sentiment de supériorité ? »

Alors que – ne répondant pas à sa question – je tentais de lui faire sentir qu’ils avaient besoin de se parler « le cœur ouvert » tous les deux, elle me répondit, certaine d’avoir tout analysé objectivement et de détenir la vérité :« Nous avons déjà parlé il y a trois mois. A l’époque je pensais que son comportement venait d’une petite période où je n’étais pas très tranquille à cause d’un problème personnel et qui aurait pu lui faire perdre un peu confiance en moi et en notre couple. J’ai donc fait en sorte de lui redonner confiance en chassant mes soucis et en redevenant la personne calme, souriante, affectueuse et indépendante qu’il connaît. Je me rends compte à présent que je ne suis pas au cœur du problème. Son stress n’a rien à voir avec moi mais j’en subis les dommages collatéraux, j’ai presque l’impression que plus je suis gentille avec lui, plus il est désagréable. »

Cette personne ne semble pas se douter qu’elle a un inconscient et qu’en s’employant à redevenir une compagne modèle et irréprochable, en « chassant ses soucis » (comme s’il était possible de s’adresser à eux pour leur dire de partir) et en se persuadant être redevenue la personne « calme, souriante, affectueuse et indépendante qu’il connaît », elle s’oblige à inhiber ses émotions, donc renforce sa contrariété.

Dans son aveuglement, en voulant se présenter sous un jour irréprochable, elle obéit sans doute aux injonctions de son enfance, elle nie les émotions qui l’animent et qui ne peuvent qu’influer en retour sur sa relation de couple donc sur les comportements de son compagnon.Elle va même jusqu’à partager son propre malaise quant à son impuissance (dont elle attribue injustement la cause à l’autre : « Le problème n’est pas seulement son agressivité, c’est aussi que je ne peux rien faire pour la désarmer », affirmant toujours sans preuve que l’agressivité de son compagnon est « indépendante » de son comportement à elle.

Elle se perd alors – sans vérifier ses hypothèses – partage un jugement sur son compagnon sous la forme d’un diagnostic : « certainement un manque d’empathie ou une forme de narcissisme » parce que ses marques d’impatience à son égard, ses exaspérations sans raison, ses réponses sèches lui apparaissent à elle comme gratuites.Se prenant pour une entomologiste, elle scrute l’objet de son expérience sans avoir conscience que son regard d’observatrice participe intimement à l’observation qu’elle fait.

Exemple courant dans le couple :

Si – par exemple dans mon couple – alors que je me suis senti heurté par une remarque de ma femme et que je lui demande de me comprendre plutôt que de me juger, je ne fais rien d’autre que de lui reprocher d’être comme elle est en faisant avec elle ce qu’elle vient de faire avec moi. En fait, plutôt que de gérer moi-même – comme un adulte – mon émotion, je reproche à l’autre d’avoir ressenti le besoin de me faire une remarque sous le prétexte qu’elle m’a blessée. Or même si j’en souffre, l’autre a toujours été « comme il a été », le lui reprocher ne fait que d’ajouter une seconde souffrance (l’expression de la mienne) à une première souffrance (l’expression de la sienne). Ce n’est donc certainement pas une aide à la relation….

Chaque fois que je demande à l’autre de changer (pour moi), je fais une double erreur : je déplace le problème sur lui (alors que c’est moi qui ai le problème), et j’oublie que ne peut changer que la personne elle-même si elle en a le désir (et une détermination à toute épreuve).

C’est toujours plus facile de penser que c’est l’autre qui a le problème, c’est une manière de s’abriter en ne voulant pas se remettre en cause. Naïvement mon interlocutrice me demande : « Pensez-vous que mon compagnon puisse se défaire de son agressivité ou vais-je toujours être soumise à ses sautes d’humeur ? Une psychanalyse l’aiderait certainement mais combien d’années faudra-t-il que j’attende avant qu’il ne guérisse ? » On pourrait lui répliquer : pourquoi voulez-vous que l’autre change pour votre bon plaisir ? N’est-ce pas vous qui avez décidé de vivre avec lui ? Vivre avec l’autre n’est-il pas vivre avec lui pour le meilleur comme pour le pire ? D’où vient l’idée infantile selon laquelle le meilleur nous apparaît comme normal et le pire comme illégitime ?

A méditer, non ?

A l’issue de son partage, elle a fini par se dévoiler en me confiant : « Je l’aime sincèrement mais je sais déjà que si son comportement ne change pas rapidement, je le quitterai. » : Nous y sommes : si l’autre ne s’adapte pas à moi, je le quitte parce qu’il doit répondre à mes besoins. Ne sommes-nous pas loin de l’amour sincère ? Et pourtant cette femme est persuadée qu’elle aime sincèrement !En fait, nous l’avons compris, cette femme est trop occupée par elle-même pour pouvoir aimer vraiment son compagnon, elle triche inconsciemment avec elle-même pour se trouver de bonnes raisons de le quitter et apaiser ainsi sa mauvaise conscience à le faire – de peur de se remettre authentiquement en cause – car elle a déjà pris sa décision. Ce serait comme si la femme au paquet de biscuits – de peur de rencontrer son ombre – préférait rester dans le déni en cachant à sa propre vue le paquet de biscuit qu’elle venait de trouver dans son sac.

Notre hypocrisie et notre prétention sont confondantes quand nous refusons de voir la réalité des choses telles qu’elles sont.

Quand c’est trop difficile pour nous de nous remettre en cause, nous préférons fuir ou nous réfugier dans le déni, ce qui revient à dire que quand nous nous laissons mener par des mécanismes que nous ne voulons pas voir en plein jour, nous sommes inconscients et rejetons la « faute » (en fait, ce qui nous gêne, nous) sur les autres. Mais quand il nous arrive, parce que c’est trop flagrant à nos propres yeux (comme dans l’exemple du paquet de biscuits), de constater que nous nous sommes trompés, que nous avons interprété et projeté (donc que nous avons été parfaitement subjectifs), il nous devient possible de VOIR en face le mécanisme à l’œuvre. Ce qui est une grande chance et un choc salutaire. A ce moment-là, notre prétention peut tomber et c’est extrêmement libérateur.

Agnès Love Coach © R. Perronnet

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