Agnès Love coach

Comment reconnaitre et se sortir du syndrome du sauveur en amour ?

Dans cet article, je vais tout vous dire sur le syndrome du sauveur en amour. Comment le reconnaitre ? Pourquoi et comment en sortir ? Dans certains couples, il arrive qu’un des deux partenaires joue (in)consciemment le Saint-Bernard, l’infirmière, le psy ou la mère etc… à plein temps pour voler au secours de l’autre, qui, la plupart du temps, ne lui a pourtant rien demandé. Endosser le costume du sauveur, sous couvert de générosité, peut nuire au couple (et à toutes nos relations d’ailleurs) et emprisonner dans un rôle pas si gratifiant que cela !

syndrome sauveur

Se soutenir dans un couple, dans les bons comme les mauvais moments, est souhaitable et (en principe) naturel. Dans une relation saine, le partenaire offre son aide par amour, avec compassion et n’attend rien en retour. Annuler un déjeuner important pour accompagner son amoureuse à un rendez-vous médical sérieux, prendre en charge les enfants quand son partenaire doit présenter un dossier de travail crucial… S’aider quand l’un des deux rencontre des difficultés est tout à fait normal, d’autant plus que la plupart du temps cette situation reste ponctuelle.

C’est quoi le syndrome du sauveur ?

Vous l’avez compris, s’aider quand l’un des deux rencontre des difficultés est tout à fait normal. Ce qui n’est plus normal c’est lorsqu’un des deux partenaires joue le Saint-Bernard à plein temps ! C’est cela qu’on appelle le syndrome du sauveur.

La psychanalyste Mary Lamia précise: L’unique mission du sauveur dans son couple est de sauver l’autre. Il se dévoue entièrement à pallier ses supposées défaillances ou à lui faire oublier sa tristesse, ses problèmes d’argent, de travail, de santé, etc… Pour que ça marche, le sauveur choisit – bien sur – toujours un partenaire vulnérable, et prend soin, bien inconsciemment malheureusement, de figer la relation dans ce double-jeu de rôle « sauveur / sauvé » sans lequel elle ne tiendrait pas !

Qui sont ces sauveurs ? Quelle est leur motivation ? Comment sortir de ce rôle du sauveur ?

1. Le sauveur : un partenaire (trop) empathique

Le sauveur s’inquiète tout le temps pour son partenaire : « Est-ce qu’il va s’en sortir dans son nouveau poste ? », « Est-ce qu’il va savoir gérer cette difficulté au travail ou dans sa famille ? » « Va-t-elle supporter tous ces traitements médicaux, elle qui est si fragile ? » Plein de questions qui taraudent le sauveur, comme si l’autre va être perdu sans les conseils et les actions de son partenaire sauveur. Sans attendre qu’on lui demande quoi que ce soit, le sauveur va tenter de régler les problèmes de son partenaire à sa place.

Exemple : Thomas a peu de qualité d’organisation et se retrouve toujours débordé, stressé. Mme St-Bernard, va alors lui créer un planning précis des taches qu’il a à faire pour mieux gérer son temps, sans s’informer des besoins véritables de Thomas ! Et si par hasard, Thomas rejette son aide et se sent mal à l’aise vis-à-vis de son intervention, alors là, c’est la crise !  D’autant plus qu’elle attendait bien plus qu’un immense merci !

Le sauveur est souvent bien trop empathique : il devance et comble les besoins de son partenaire sans son accord. Comme si c’était une surprise, un cadeau, dont en réalité l’autre va se sentir très redevable. C’est cela qui est toxique pour le couple. En réalité, ce qui se passe ici, c’est que sans en être conscient le sauveur donne l’affection et l’estime dont il a cruellement manqué dans l’enfance.

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Le sauveur : un partenaire qui veut garder le contrôle

Le sauveur recherche (in)consciemment la compagnie de partenaires en difficultés – passagères bien sûr. La rencontre amoureuse a la plupart du temps lieu à un moment de grande vulnérabilité. Cela peut-être suite à une maladie, une rupture amoureuse, un licenciement. Alors le sauveur va très vite tenter de se montrer indispensable, cherchant en réalité à gagner l’admiration de sa cible. Un sauveur a toujours un besoin de reconnaissance immense. Mais le problème survient quand le partenaire « sauvé » retrouve son autonomie : le sauveur se sent alors inutile… Ne trouvant plus sa place dans cette nouvelle situation, il peut chercher à fragiliser à nouveau son partenaire par des remarques désobligeantes. Redevenu vulnérable, le partenaire pourra à nouveau avoir recours à son sauveur…

En volant au secours de sa partenaire, ce sauveur reprend le contrôle : sous-entendu, pour que la relation fonctionne, chacun doit rester à cette place !
En réalité le sauveur minimise la conscience de sa propre vulnérabilité à lui et ne se trouve en sécurité qu’auprès de partenaires qui ont moins de pouvoir que lui.

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Les motivations du sauveur

L’ estime de soi du sauveur dépend en majeure partie de la reconnaissance par les autres de ses capacités de « Saint-Bernard ». Le problème réside essentiellement dans le fait que son bien-être est bel et bien lié au maintien de la fragilité de son partenaire !

« Le sauveur ne peut se sentir vraiment bien qu’en offrant soulagement, plaisir ou bonheur à une personne en difficulté, qui lui exprimera (ou pas d’ailleurs) un besoin qu’il peut satisfaire »

Mary Lamia, psychanalyste

Vous avez compris, la relation amoureuse d’un sauveur ne pourra être que dysfonctionnelle. D’autant plus qu’il espère recueillir admiration, approbation et l’amour (sans en avoir vraiment conscience bien sûr), pour tout ce qu’il a fait.

« En pourfendant ainsi les dragons qui menacent -soi-disant- son partenaire, c’est avant tout des siens qu’il cherche à se défaire… Il est alors pris à son propre piège et peine à déposer ce costume de sauveur qui au final l’emprisonne. »

Marilyn J. Krieger, psychologue

Comment se défaire du syndrome du sauveur ?

Pour se libérer de ce type de relation sauveur-sauvé de type « dépendante », le mieux est de commencer par se tourner vers la relation que l’on entretient avec soi-même.

  1. Examinez ce que vous projetez sur votre partenaire. En vous concentrant sur ces défauts, pour le fragiliser et vous conforter, vous tentez peut-être de masquer votre propre angoisse concernant vos imperfections.
  2. Prenez conscience que votre désir permanent de chercher à sauver votre partenaire est le reflet de votre propre besoin de vous sentir puissant et de reporter sur l’autre des sentiments que vous jugez indésirables pour vous (échec, vulnérabilité, tristesse).
  3. Que le comportement de votre partenaire vous plonge dans l’embarras, ou qu’il vous amène à vous sentir plus important, rappelez-vous que votre perception de vous-même peut être dépendante de son identité et de son attitude.

Pour en sortir, le mieux est de se faire aider d’un psychologue ou d’un coach en intelligence émotionnelle et amoureuse, afin de remonter aux attachements réalisés durant l’enfance avec les parents ou d’autres adultes. Car ce sont ces liens liés à la sécurité affective qui ne se sont pas correctement établis, en général. La place de l’enfant (futur sauveur) n’a pas été clairement établie, ou bien les parents prenaient trop de place et étalaient leurs problèmes.

Bien que certains aspects ne se soigneront jamais, on pourra atténuer certains modes de fonctionnement qui relèvent de la perversité ou de l’auto-sabotage. L’idée n’est pas d’arrêter d’aider les autres, mais de le faire sans tomber dans des situations malsaines, pour soi comme pour les personnes aidées. Le sauveur, soulagé du regard des autres, peut alors devenir une personne plus entière, honnête envers lui-même et les autres, pouvant lâcher prise dans ses relations.

Syndrome du sauveur : les signes qui doivent vous alerter

Plusieurs signes qui doivent vous alerter sur votre comportement :

  • Au début de votre relation, vous vous sentiez idôlatré·e par votre partenaire.
  • Vous faites extrêmement attention à ce que vous dîtes pour ne pas risquer d’inquiéter ou de mettre en colère votre partenaire.
  • Vous avez l’impression qu’il est de votre responsabilité de gérer votre vie ainsi que celle de votre partenaire.
  • Il vous est déjà arrivé de rester dans une relation de couple par culpabilité ou inquiétude envers votre partenaire.
  • Au début de votre relation, vous considériez votre partenaire comme dangereusement excitant·e.
  • Souvent, vous savez mieux que votre partenaire ce qui est bon pour elle·lui.
  • Les gens ne se rendent pas compte que vous êtes extrêmement critique vis-à-vis de vous-même.
  • Vous passez souvent vos besoins sous silence pour ne considérer que ceux de votre partenaire.
  • Vous avez souvent l’impression que votre partenaire ne sait pas apprécier ce que vous faîtes pour elle·lui.
  • Si vous revenez sur vos relations passées, vous constatez que pour la majorité, vous avez voulu secourir votre partenaire.

Vous vous êtes reconnu ? Bravo ! Vous avez fait 80% du travail. Pour rééquilibrer votre vie amoureuse, je vous invite à faire le point avec moi et ne plus jamais – malgré vous – tomber dans une relation dysfonctionnelle voire toxique.

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